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Laurent Jockschies “Le putting, c’est beaucoup plus naturel qu’on ne le pense"

Laurent Jockschies “Le putting, c’est beaucoup plus naturel qu’on ne le pense"

Début mai, quelques jours après les premiers grands prix disputés en France, le coach Laurent Jockschies se fendait d’un post sur un réseau social pour inciter les golfeurs à arrêter de se plaindre de la vitesse des greens, et plutôt, les inciter à relever le défi. De quoi nous donner envie de l’interroger sur son parcours de pro, la méthode putting zone, et ses convictions pour aider les amateurs, débutants ou expérimentés à mieux putter sur les greens.

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Laurent Jockschies n’est pas tombé dans le putting quand il était petit, en revanche, il en a depuis embrassé toutes les dimensions.

A ses débuts dans le golf comme jeune joueur, il ne se considérait pas comme un bon putter. Plus tard, devenu pro diplômé en 1991, il ne se considérait toujours pas comme un bon putter.

C’est cette exigence et cette envie de progresser qui ont attisé sa curiosité et son insatiable envie d’être un bien meilleur putter.

Il a d’abord mené ses propres recherches avant de rencontrer et collaborer pendant huit ans avec le directeur de l’enseignement de l’USPGA.

Au début des années 2000, il écrit des articles putting pour Golf Magazine, et a toujours envie d’aller plus loin sur le sujet qui à l’époque n’était pas encore beaucoup traité, et en tout cas, moins que le swing de golf.

Pour une de ses joueurs pro, Manon Gidali, en recherchant de nouvelles pistes à explorer, un jour, il tombe sur le forum de Putting-zone aux Etats-Unis.

Les informations étaient riches et livrées un peu pêle-mêle, ce qui lui a donné l’envie de contacter le fondateur, Jeff Mangum, un avocat de formation qui a consacré dix ans de sa vie à recenser dans le monde entier, tous les enseignements à propos du putting, et dans le but de fonder Putting Zone.

Jeff Mangum lui a non seulement répondu, mais de plus, il s’est rendu en France pour expliquer ses principes au coach, et à la joueuse.

Par la suite, Laurent Jockschies a totalement adhéré au principe, et trouvé ce qu’il cherchait depuis longtemps : une véritable solution pour mieux putter durablement !

Aujourd’hui très spécialisé dans l’enseignement du putting, et faisant office de seul coach habilité à certifier d’autres pros en France pour le compte de Putting-Zone, il reconnait que jusqu’à présent, l’enseignement du putting n’avait jamais été réellement organisé, et expliqué aux amateurs.

Le crédo a souvent été, et même pour les moniteurs eux-mêmes “Entraîne-toi, passe du temps, expérimente et tu vas progresser”.

D’ailleurs, il ne réfute pas totalement cette approche. Elle était simplement parcellaire.

Généralement, ceux qui passent le plus de temps au putting, sont ceux qui finissent par devenir les meilleurs.

Au fil des années, l’approche de l’enseignement du putting a évolué. Au départ, il s’agissait surtout d’agir avec les poignets, puis on a commencé à parler de stabilisation, de bouger le corps, et enfin, à partir des années 90, de mécanisation du putt.

A cette époque, si la recherche avait déjà fait d’énormes avancées en matière de swing et de biomécanique, le domaine du putting restait le parent pauvre de la pédagogie golfique.

C’est en cela que la démarche de Jeff Mangum avait beaucoup de sens. Il a réellement créé la première source de documentation mondiale sur le putting, et en particulier, des études scientifiques.

La méthode Putting Zone était née, et aujourd’hui, près de 200 coachs dans le monde se sont fait certifiés, pour justement combler le déficit de contenu d’origine.

Laurent Jockschies “Le putting, c’est beaucoup plus naturel qu’on ne le pense"

Vous vous êtes fait une spécialité du putting, diriez-vous que les amateurs ont une bonne approche de cette partie du jeu ?

Comme beaucoup de pros qui ont été très bien formés en France pour le swing, mais pas forcément avec assez de contenus sur le putting, les amateurs ne se posent généralement pas assez de question.

Jusqu’à présent, l’enseignement du putting était assez limité.

Pourtant, à haut niveau, la différence se fait sur le green, et sur la capacité à rentrer les putts.

Tous les pros ont des capacités assez similaires pour arriver en régulation sur les greens, c’est bien dans ce qui va se passer ensuite que réside tout l’enjeu d’un tournoi.

Pour un amateur, quand vous ratez un putt à 80 centimètres ou que vous mettre trois ou même quatre putts pour terminer votre trou, quand vous vous rendez sur le trou suivant, vous n’êtes pas dans le même état d’esprit par rapport à votre partie que si vous avez commis moins de putts.

Le putting agit directement sur votre moral.

Trop souvent, les golfeurs se réfugient derrière le mot “feeling” pour résumer leurs compétences au putting.

Comment leur donner tort quand mêmes les meilleurs pros sur le tour ont appris le putting de manière empirique ?

Le putting n’est pas qu’une question de feeling, il s’agit de perceptions à développer, et encore récemment, elles étaient méconnues mêmes par les joueurs du tour.

Et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y avait beaucoup d’irrégularité dans les performances chez les meilleurs. Ils n’étaient pas performants dans la durée.

Dans quel domaine peut-on ou doit-on progresser au putting ?

Le dosage ! C’est la première chose qui est importante. Un mauvais dosage peut fausser la lecture des pentes.

Beaucoup de choses fausses ont été dites à propos du dosage. Les neurosciences ont depuis démontré que c’est notre corps qu nous permet de doser efficacement un coup.

La plupart des golfeurs l’ignore. On peut le voir dans la façon de répéter des swings d’essais. Le joueur tente de ressentir des choses, mais sans réellement savoir ce qu’il doit sentir.

Le dosage fonctionne par la prise de conscience de la roule sur le green. Notre corps réagit par rapport à la distance !

Par exemple, la nuque quand vous tournez la tête vers le trou renvoie une perception corporelle.

Le tempo est lié à la gravité terrestre. Et les deux ensembles, perception corporelle et tempo vous aident à toujours trouver la distance sur vos putts.

Nous avons tous une “horloge interne” qui dicte la précision de nos gestes du quotidien, des plus simples au plus complexes. Marcher, ouvrir une porte…c’est cette horloge interne qui assure une grande précision de nos gestes sans que nous nous en rendions compte.

Concernant le putting, les golfeurs commettent plusieurs erreurs. Ils pensent que le putting, c’est accélérer dans la balle ! Ils pensent que le dosage consiste à taper. Ils considèrent le dosage sous un angle mécanique !

Au lieu de cela, il faut percevoir son corps. C’est lui qui sait doser sous conditions.

C’est ce que nous enseignons avec la méthode Putting-Zone.

Et ensuite, nous abordons les préférences mécaniques, mais pas avant et en préambule.

Au contraire, si on démarrait l’enseignement du putting par la mécanique, ce serait toujours unipersonnel.

Au lieu de cela, il faut d’abord comprendre comment le corps de l’individu s’exprime, pour ensuite déterminer la préférence mécanique.

En quoi votre méthode se distingue de la méthode Aimpoint ?

Aimpoint est une technique parmi d’autres pour appréhender la lecture des pentes. Putting-zone aborde le dosage, la mécanique, la lecture des greens, et les pentes.

Ce n’est pas seulement une méthode. C’est une solution qui embrasse toutes les composantes du putting.

Un pro certifié pourra vous l’enseigner pendant une heure, une demi-journée de trois heures, ou une journée.

Pour un amateur, la formule demi-journée doit permettre d’appréhender tous les éléments, alors que pour un golfeur en recherche de perfectionnement, la journée complète sera plus adaptée.

Les statistiques définissent-elle si vous êtes oui ou non un bon putter ? Par exemple, scorer 36 putts sur 18 trous, est-ce une bonne référence ?

Il faut se méfier des statistiques ! Si vous avez pris 18 greens en régulation et que vous comptabilisez 36 putts, est-ce une mauvaise performance ?

Pour ma part, je considère qu’il est plus important de regarder le nombre de putts joués par greens pris en régulation ainsi que la longueur totale des putts à jouer, en particulier, la distance des premiers putts.

Si sur une partie, vous avez totalisé 120 mètres de putts, vous étiez loin des trous, et tout le temps sous pression.

Ce n’est pas la même chose quand vous plantez les mats à moins de 3 mètres.

La performance au putting doit systématiquement se rapporter à la distance que vous avez à combler.

Quel est le message clé que vous voudriez faire passer aux amateurs au sujet du putting ?

C’est beaucoup plus naturel que ce que les gens imaginent !

Ce n’est pas quelque chose de très difficile ou de si mécanique, sauf si on n’a pas la bonne méthodologie au départ.

Récemment, sur un réseau social, vous vous êtes étonné du fait que les meilleurs amateurs se plaignent de la vitesse trop rapide des greens en grand prix, c’est étonnant quand on pense que pour 80% des amateurs, c’est souvent l’inverse ?

La vitesse des greens ! C’est un faux problème ! Ces golfeurs ne savent pas réellement putter avec efficacité, et quand les greens sont rapides, ils se font surprendre.

Un golfeur qui se plaint est un golfeur qui n’a pas envie de relever le défi !

C’est pourtant un bonheur de pouvoir jouer dans les mêmes conditions que les golfeurs pros pour se comparer à eux, se jauger avec le haut niveau.

Si on fait des grands prix, il faut avoir envie de performer, aimer la compétition, sinon ce n’est pas la peine.

Quelle devrait être la qualité des greens ? Trop rapide ? Trop lente ? C’est souvent une excuse pour masquer le fait que le golfeur qui se plaint, est souvent en difficulté pour gérer les différentes situations proposées.

Peut-on réellement progresser au putting ?

Les pros y consacrent beaucoup de temps, et après tout, c’est leur métier, leur gagne-pain.

Chaque semaine, ils y passent plusieurs heures. Ils ont de bons outils et de bonnes perceptions.

Même le golfeur qui a une mauvaise technique peut à force de répétition obtenir une forme de régularité et répétitibilité dans son geste, mais le jour où il est en méforme, sans méthode, il peut sous-performer.

Oui, on peut progresser, et surtout être plus stable dans la performance. C’est mon but d’aider le plus grand nombre de golfeurs.

Je vous raconte une petite anecdote.

Pendant longtemps, tous les pros avaient une routine bien définie avant de se rendre sur le trou de départ numéro un.

Généralement, sur le putting green, ils prenaient quelques balles, et visaient les trous à des distances variables.

Un jour, un type est arrivé sur le putting green, et a pris seulement trois balles sans jamais viser un trou. Il envoyait ses balles n’importe où, et puis, il a pris le départ du un.

Les autres golfeurs se sont tous dit “Lui, il ne va jamais bien jouer”.

Ce type… c’était Brandt Snedeker, et depuis, il est devenu numéro un pour les statistiques de putting sur le PGA Tour.

En fait, Snedeker avait tout simplement focalisé son attention sur le fait d’étalonner la vitesse des greens.

Aujourd’hui, la majorité des pros font comme lui. Ils testent la roule. Ils ne visent rien ou seulement la bordure du green pour voir comment la balle va se comporter au roulement, et au moment de s’immobiliser.

Le corps sait ensuite donner la bonne intensité pour gérer le dosage.

Dix ans en arrière, nous ne savions pas tout cela. Des recherches et les expériences menées sur le tour ont permis de faire des progrès qui aujourd’hui peuvent bénéficier aux amateurs.

Nous savons expliquer comment le cerveau et le corps fonctionnent

Quelle est votre vision du métier d’enseignant de golf ?

De mon point de vue, l’enseignant doit être vraiment généreux ! Il doit avoir envie d’apprendre pour ensuite restituer.

Pour cela, il doit disposer de quelque chose à partager. Il ne peut plus se contenter de la formation de base.

Avec Internet, aujourd’hui, le partage d’information est possible. Il est facilité. Il faut être curieux.

SI on est curieux, on cherche des solutions, on devient performant, on devient passionné.

Quelle est votre vision de la filière golf, et qu’est-ce qui devrait être fait pour attirer plus de nouveaux joueurs ?

J’ai beaucoup de non-golfeur autour de moi. Il m’arrive souvent de parler de golf avec eux. Il ressort de ces discussions que les gens ont peur de passer la porte d’un golf.

Et c’est vrai que c’est intimidant ! Même quand un golf est public, un non-golfeur ne connait pas les codes, quelle question posé en premier…

Le golf doit apprendre à faciliter l’accueil pour son développement. C’est un sujet qui mériterait une véritable réflexion.

Si vous n’avez pas de golfeur dans votre entourage, vous n'avez personne pour vous apprendre les codes. Il y a trop peu de structure ouverte ou de petites structures.

Les enseignants, eux, ont été formés pour vous donner envie de jouer au golf. Je dirai même qu’ils ont été très bien formés, et mieux que dans d’autres pays.

Enfin, je suis toujours surpris de constater à quel point, il n’y a jamais d’actualité des clubs de golf dans la presse locale ou de liens avec d’autres associations sportives pourtant dans les mêmes villes.

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Commentaires   

Avec
 
zmerli
0 #1 Dommage!zmerli 15-05-2016 01:32
Dommage que vous ne puissiez transmette et partagée vos connaissances aux élèves moniteurs! Certains on plus de chance que d'autres.
 

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