Labo Golf : Progresser au putting avec l’exercice de la double-porte de tees

Dans un précédent sujet sur le putting, je vous avais listé une série d’exercices possibles pour s’entraîner. Parmi ces exercices, un en particulier avait retenu mon attention, l’exercice de la double-porte de tees sur le putting-green. Cet exercice « aurait » été imaginé par Tiger Woods « himself ». Le but principal de cet exercice est de s’assurer que le joueur putt en ligne. Le cas présent, j’ai corsé l’exercice en ajoutant une pente… Que peut-on réellement déduire de cet exercice, et notamment quels bénéfices ?

Découvrez nos formules d'abonnements

En théorie, l’exercice de la double-porte de tees se réalise à un mètre du trou

Vous placez deux tees dans une forme de porte au point de départ de votre putt, là où se trouve votre balle, et à mi-distance vers le trou, vous replacez à nouveau une deuxième porte composée de deux tees.

En somme, vous créez ou balisez un chemin que votre balle va suivre pour aller jusqu’au trou.

Vous pourriez penser que l’exercice est simple. Cependant, sur une surface plate, sans pentes latérales, cet exercice a bien pour but de vous permettre de contrôler la position exacte de la face de votre putter à l’impact.

Pensez-vous être toujours square à l’impact ? Pour ma part, et je me pense un putter convenable (ce n’est pas là où je perds des points sur un parcours), ma face de putter n’est pas nécessairement square à tous les coups, de même que je ne centre pas la balle à tous les coups.

Le putter que j’utilise peut avoir une certaine influence sur ma capacité à ajuster la face parfaitement square sur une dizaine de balles d’affilée.

Exemple : En testant le dernier TaylorMade Spider PCG, j’ai noté que j’envoyais plus facilement les balles légèrement à gauche du trou, à 4 mètres devant moi.

Sur une moyenne d’une dizaine de balles, ma face de putter était concrètement fermée à -1 degré, et donc pas square.

Si sur une balle, elle pouvait être parfaitement square, sur une majorité, ma face pouvait se fermer jusqu’à -2 degrés !

Quand on fait un fitting ou un test de clubs, il ne faut pas seulement regarder les moyennes. Je me rappelle l’affirmation du pro Richard Hurvitz qui me disait systématiquement qu’on ne joue pas au golf pour taper des coups moyens !

On joue pour taper des bons coups. C’est pourquoi, il faut aussi et surtout regarder l’écart-type qui plus que la moyenne nous donne les bornes mini et maxi.

Selon le Trackman 4, avec ce putter, mon écart-type serait d’un degré, s’agissant de la position de la face du putter à l’impact, soit de -2 degrés à 0 degré.

Ramené à l’exercice de la double-porte, oui, j’ai donc une bonne marge de progression pour améliorer ma gestion de la face du putter dans la zone d’impact.

Cela étant, en changeant de putter, et notamment en utilisant un putter avec un moment d’inertie plus élevé, un maillet de bonne taille (Daddy Long Leg), j’ai noté que ma moyenne de position de face de putter à l’impact pouvait tomber à 0,1 degrés, et surtout avec un écart-type plus bas (0.7 degrés), et toujours sur une base d’une dizaine de balles.

Contrôler la face du putter

L’exercice de la double-porte n’est pas à propos d’autre chose. Ce n’est pas un exercice pour doser et contrôler la vitesse de votre balle.

Comme l’assène avec force Dave Pelz, « Viser est critique ». Il précise « Vous ne pouvez pas dominer le putting, si vous ne savez pas viser correctement, et comment mesurer une cassure dans une pente. »

Dans ses règles fondamentales, il place en haut de sa liste « L’angle de la face est encore plus important que le chemin du putter »

Il donne même une valeur « C’est six fois plus important ! Même si votre chemin est bon, ouvrir ou fermer la face à l’impact sans contrôle vous plongera en enfer. »

Cet exercice de la double-porte est donc particulièrement indiqué pour faire l’état des lieux de votre putting, et de votre capacité à gérer la face. Surtout, vous n’avez pas besoin d’outils de mesures ou de radars pour comprendre le lien de cause à effets, entre ce que vous produisez, et le résultat.

Si vous suivez l’exercice à la lettre, et vous puttez à moins d’un mètre, ce niveau de difficulté basique vous paraîtra rapidement inutile ou peu intéressant.

Au moment d’écrire ces lignes, j’ai demandé à une joueuse débutante de faire l’exercice, et elle y est parvenue du premier coup (putter en ligne droite, et rentrer la balle)

En réalité, l’exercice de la double-porte de tees ne présente qu’un intérêt limité à moins d’un mètre, car dans ce cas, le golfeur ou la golfeuse peut encore « mal » gérer sa face de putter, selon une certaine tolérance et rentrer le putt.

J’ai d’ailleurs demandé à ma testeuse de refaire l’exercice à 2 mètres, puis à 3 mètres.

C’est réellement à partir de 3 mètres que malgré la double porte, elle n’a plus rentré les putts dans le trou, sachant que nous avons fait le test sur un tapis de putting en indoor, donc sur une surface totalement plate, et avec un marquage au sol. Ce n’est pas encore un test sur un green, et sans balises autres que la double-porte.

A ce stade, cet exercice présente un intérêt relatif si la distance est courte.

Le test sur un putting-green avec plus de distance, et plus de pentes

Ce n’est pas ce que j’ai fais sur le putting-green du golf de Mionnay, près de Lyon, et quelques jours plus tôt, la véritable expérience que je veux vous partager.

J’ai placé deux portes de tees à une distance de 5 mètres du trou, et surtout j’ai joué avec une pente de gauche à droite.

J’ai mesuré le niveau des pentes à trois endroits entre ma balle, et le trou : Au départ, au milieu, et à proximité du trou.

Pour cela, j’ai utilisé l’application mobile BreakMeter.

Au départ, la pente était descendante de 0.5 degrés, et surtout de gauche à droite de 2.1 degrés.

Au milieu, la pente était descendante de 0.6 degrés, et de gauche à droite de 0.6 degrés.

Enfin, au trou, la pente était descendante de 1.1 degrés, et de gauche à droite de 0.4 degrés.

Et dans ce cas de figure, l’exercice s’est révélé instructif en même temps qu’extrêmement difficile.

Là, je cumulais le dosage pour atteindre le trou, le contrôle de la face pour passer dans la première, puis la seconde porte espacée entre elles d’au moins un mètre, et la lecture de la pente pour que la balle suive l’une des seules lignes possibles pour rentrer.

J’ai retenu principalement trois apprentissages de cet exercice !

Pour rentrer la balle une fois sur 7 ou 8 dans cet exercice délicat, je ne devais pas seulement viser la deuxième porte et y faire passer ma balle… Je devais réellement viser un point sur le green à l’intérieur de la deuxième double-porte, pour avoir une chance de rentrer mon putt en courbe !

On en revient au premier argument de Dave Pelz « Viser est critique », or, je pense que pour vous, pour moi, cette phrase est relativement conceptuelle.

Oui, ok, il faut bien viser pour rentrer des putts… mais concrètement, jusqu’à quel niveau de finesse il faut aller ?

Très fin ! Imaginez que pour rentrer mon putt, en faisant passer la balle dans deux portes, le tout dans une pente de gauche à droite, je devais viser un point pas plus large d’un centimètre pour avoir une infime chance !

Deuxième apprentissage, autant à moins de 2 mètres, faire passer la balle dans deux portes, et sur un sol plat, et en ligne droite, ne présente pas une difficulté insurmontable, autant le faire à 5 mètres, et avec une pente, et là, vous verrez sans doute que le niveau de difficulté n’a rien de comparable.

Il m’est même arrivé de rater en tapant avec la balle dans la première porte située quelques centimètres devant moi.

Là, il n’y a pas de tapis de practice avec des repères au sol. C’est l’espace absolu, et il faut justement apprendre à placer son corps, se placer à l’adresse pour s’aligner dans la bonne direction, tout en donnant la bonne vitesse…

Il m’a fallu rater beaucoup de putts pour apprendre une troisième leçon. Pour parvenir à un résultat décent, j’ai dû changer mon attitude !

Comprenant que l’exercice était plus difficile que prévu, je me suis mis à passer derrière la balle, à visualiser le putt, à chercher le point de rupture de la pente et situé dans la deuxième porte.

Je l’ai fait notamment parce que je ratais des balles qui partaient immédiatement à droite après avoir passé la première porte. Mon corps ne me permettait pas d’aligner correctement mon putter.

J’ai aussi constaté que le grip de ma main droite n’était pas bon. Beaucoup de balles s’échappaient très vites après la première porte sur la droite, signe qu’en réalité, et sans radars, ma face de club était trop ouverte à l’impact.

J’ai commencé à replacer ma main droite sur le grip de sorte à ce que je lance le putter plus en ligne.

Concrètement, j’ai senti que j’avais besoin de mettre plus de pression dans ma main droite pour que sur le grip, elle ne laisse pas la possibilité à la face de s’ouvrir, et au contraire, comme si elle devait maintenir la face square ou résister. Ce commentaire est très personnel.

Cela me permet juste de vous écrire que sans cet exercice, je n’aurai pas senti ce besoin.

En résumé, cet exercice à priori anodin m’a amené à être plus exigeant dans ma préparation du coup, passer derrière la balle pour visualiser la ligne, chercher à viser un point ultra-précis sur cette ligne, et enfin, à revoir mon grip de main droite (je suis droitier).

Et encore, dans cette configuration, j’ai rentré très peu de putts directement dans le trou.

Conclusion, je vous recommande cet exercice, pas nécessairement pour faire des putts à 50 centimètres ou un mètre, même si cela peut vous conditionner et permettre de la recherche de confiance, mais surtout variez les difficultés par la longueur des putts, et les pentes, pour d’une part, générez de l’amusement, vous piquez au vif d’essayer de rentrer la balle dans cette configuration, et enfin, de voir ce qui pourrait vous aider pour vous améliorer (grip, attitude, visée…).

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.