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Pourquoi Jason Day est-il le meilleur golfeur du monde en 2016 ?

Pourquoi Jason Day est-il le meilleur golfeur du monde en 2016 ? Crédit photo : Mark Newcombe

Stenson a remporté la Race to Dubaï. McIlroy a remporté la Fedex Cup. Pourtant, l’australien Jason Day est l’actuel numéro un mondial du golf, et sans trop de contestation, et ce, alors qu’il n’a pas remporté de majeurs en 2016. Sa fin de saison a été chaotique, et marquée par une sérieuse blessure au dos, son point faible. A l’ordre du mérite mondial (OWGR), il compte une solide avance sur Rory McIlroy et Dustin Johnson, et il le doit à un compartiment de jeu : le putting !

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La force de Jason Day : Le putting

Aux USA, de nombreux observateurs du PGA Tour se demandent si Jason Day n’a tout simplement pas réalisé la meilleure saison dans l’histoire du jeu pour le seul compartiment du putting.

Si vous avez suivi la dernière Ryder Cup disputée aux Etats-Unis, compétition où Jason Day n’était pas présent, vous avez peut-être tout de même noté à quel point, les meilleurs joueurs du monde semblaient capables de tout rentrer de n’importe où. A se demander si leurs balles n’étaient pas aimantées vers les trous ?

Imaginez que cette saison, Jason Day a surclassé tout le monde.

Il frappe fort au drive ce qui fait de lui une publicité rêvée pour TaylorMade. Il possède un jeu de fers très solide, mais c’est bien putter en main que l’australien terrasse ses adversaires, et par exemple, Rory McIlroy dans ce qui restera le match-play de l’année, au cours de la demi-finale du dernier Dell Championship Match-play finalement remportée par Day.

A la question « Pourquoi Jason Day est-il numéro un mondial en 2016 alors que sans victoires en majeurs ? », la réponse est simple : De Mars à juin, il a remporté trois victoires capitales en commençant par le Arnold Palmer Invitational, puis dans la foulée le championnat du monde de Match-Play, et enfin quelques semaines plus tard, le Players Championship considéré à raison comme le cinquième majeur de l’année.

Pour parvenir à gagner les plus gros tournois de la planète, Day a littéralement cassé les statistiques du putting sur les greens les plus difficiles du monde.

Le nombre de putts gagnés par parties

En moyenne sur une partie, il a gagné plus de 1.13 putts par rapport à tous les autres joueurs engagés sur les mêmes tournois que lui !

Ce chiffre peut paraître faible mais il ne l’est pas bien au contraire, et surtout à ce niveau !

Depuis 13 ans que cette statistique des coups gagnés sur les greens est relevée, personne n’avait atteint un tel résultat.

Le nombre de coups gagnés au putting est une statistique relativement récente concernant le jeu de golf, et notamment les mesures prises sur le PGA Tour.

Pour faire simple, il s’agit du nombre d’opportunités converties tenant compte de la distance par rapport au trou.

Prenons un exemple !

Admettons qu’un pro sur le PGA Tour a un putt à 2.5 mètres, et qu’en moyenne, tous les autres pros rentrent dans 50% des cas.

On donne à ce putt une valeur de 1.5 ! Si le pro rentre son putt, il gagne 0.5 points par rapport au reste du champ de joueurs.

Au contraire, si son putt est manqué, il perd 0.5 points par rapport au reste des autres joueurs.

C’est une sorte d’étalonnage de la performance de chaque putt, pour déterminer réellement qui putt le mieux en tournoi.

Dans cet exercice, Jason Day a fait mieux que Phil Mickelson, Jamie Donaldson, Steve Stricker, et Jordan Spieth.

La comparaison avec les meilleurs putters depuis 15 ans

Depuis 2004, le nombre de coups gagnés au putting par les meilleurs joueurs du monde n’a en réalité jamais cessé de grimper. Ce n’est sans doute pas un hasard, et si c’est moins spectaculaire qu’un gain de distance au driver, c’est un plus gros facteur d’explication dans le fait que les pros rendent des cartes de plus en plus basses.

Si Jason Day a mieux putté que l’ensemble des autres golfeurs du tour en 2016. Il a aussi mieux putté que tous ses prédécesseurs, à commencer par Woods mais aussi Luke Donald, trois fois meilleurs putters du monde entre 2009 et 2011, comme par hasard, une période où l’anglais a été numéro un mondial !

Par rapport aux autres, qu’est-ce qui a fait que Jason Day a gagné plus de points ?

A-t-il commis moins de trois putts ?

De manière générale, le taux d’évitement de trois putts sur le circuit professionnel américain tourne autour de 3 à 3.5%.

A titre de comparaison, pour le golfeur classé autour de dix d’index, ce même taux monte à 8.5%, ce qui est pratiquement trois fois plus élevé.

Concernant Jason Day en 2016, sa capacité à éviter les trois putts a certes été meilleure que celle des pros du circuit (2.4%), en revanche, il n’a pas été plus fort qu’un Luke Donald, capable de descendre à 1.24% en 2011 !

A l’inverse, Jason Day n’a pas non plus rentré plus de un seul putt que les autres meilleurs putters du monde.

Donc si son nombre de trois putts n’est pas spectaculairement meilleur, et si son nombre de putts rentrés en un coup n’a pas non plus défrayé la chronique, comment expliquer que Jason Day a été le meilleur putter depuis plus de dix ans sur le circuit ?

Tout simplement, parce qu’en seize tournois disputés, il n’est jamais sorti d’une partie avec un score de coups gagnés au putting négatif !

Il a toujours mieux putté que la moyenne de ses adversaires !

Jason Day a démontré une plus grande consistance en particulier sur les putts de 1m80 à 4m50 !

Des recherches sur le putting ont démontré que le plus grand nombre de putts rentrés entre 1m80 et 3m détermine la différence entre les meilleurs golfeurs et le reste, alors qu’entre 3m30 et 6m, vous avez la différence entre ceux qui gagnent des tournois et les autres.

Or, c’est justement dans ces deux compartiments du putting que Jason Day surperforme par rapport aux autres golfeurs.

Jason Day avant un putt sur The Open 2016 - Crédit photo : Mark Newcombe

Clairement, en 2016, Jason Day a sans doute été le meilleur putter de tous les temps au plus haut niveau.

Comment expliquer ce phénomène ?

Deux raisons peuvent au moins être envisagées : Une raison technologique, et une raison agronomique !

Pour ce qui concerne la technologie, la qualité et la consistance des balles et des putters a considérablement augmenté, de même que les outils d’entraînements.

Avec l’appui de nouvelles statistiques, les pros recueillent de meilleures informations sur ce qui doit être travaillé et amélioré.

Pour ce qui concerne l’agronomie, et en particulier les greens, il est aussi avéré que les surfaces de putting sont très nettement améliorées par une meilleure qualité de gazon, et un meilleur entretien du fait de meilleurs équipements. Les greens présentent des surfaces de plus en plus douces !

Pour Jason Day, il faut noter qu’il a continuellement progressé dans cette statistique des putts gagnés depuis six ans.

En 2010, il perdait encore des coups au putting avant de faire un bond en avant spectaculaire en 2011, l’année où il est enfin devenu un bon putter.

Par la suite, il n’a cessé de progressé, et notamment avec régularité sur les trois dernières saisons passant de 0.31 coups gagnés au putting à 1.13 cette année.

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