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Quels bénéfices avec le grip de putting « griffe » de Tommy Fleetwood ?

« Claw Grip » que l’on peut traduire en français par le « grip griffe » est une technique utilisée depuis quelques années par l’anglais Tommy Fleetwood, vainqueur de l’Open de France 2017. Récemment, un journaliste britannique a testé ce grip pour son putting, et écrit sur tous les bienfaits que cela lui avait apporté. A l’aide d’un ZENIO et du Trackman 4, j’ai voulu me faire mon opinion sur cette méthode assez peu conventionnelle, mais de plus en plus populaire auprès des joueurs du Tour.

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Comme beaucoup de golfeurs, Tommy Fleetwood, 28 ans, golfeur anglais, vainqueur de la Ryder Cup à Paris, dans les 20 meilleurs mondiaux depuis 2017, utilisait un grip de putter conventionnel, et jusqu’à ce qu’il s’aperçoive qu’il avait tendance à beaucoup faire bouger la face de son putter à l’impact, et de manière ouverte à fermée, sans avoir un réel contrôle.

Sur le tour, les dollars se gagnent sur les greens, et les professionnels peuvent aller très loin dans la tentative d’optimisation de leurs techniques.

Si son chemin de club était plutôt régulier, la position de la face du putter ne l’était pas, pouvant entraîner des putts légèrement manqués à droite, ou à gauche.

Il a essayé plusieurs grips, inversant la position des mains, jointant les paumes des mains autour du grip, jusqu’à finalement découvrir la griffe.

Il connecte le bras gauche (droitier) avec son corps (c’est une partie de sa technique qui est souvent sous-estimée, les gens focalisent sur la position des mains sur le grip).

Ensuite, effectivement, il prend son grip main gauche en haut du grip avec les doigts qui entourent le grip du putter, et vient ensuite prendre la partie intermédiaire du grip entre le pouce et l’index, ce qui laisse sa paume de la main droite dégagée du grip, mais orientée vers la cible, comme s’il voulait donner une claque en direction de la cible.

Selon Fleetwood, cette technique lui permet de réduire les variations de la position de la face à l’impact, et ainsi, il peut se concentrer sur d’autres aspects du putting, comme la lecture des pentes ou la détermination de la vitesse.

Pour l’anglais, sur un green, la question la plus importante reste « Est-ce que vous pouvez démarrer la balle en ligne ? »

Si vous n’y arrivez pas… c’est alors le premier sujet à travailler, avant tous les autres.

Quand vous y parvenez, alors vous pouvez développer les autres habiletés qui vont faire de vous un bon putter.

Fleetwood a changé son grip en 2017 avec à la clé deux victoires (Abu Dhabi et Paris). Il considère que le changement n’a pas été trop long, ni trop compliqué à digérer.

Pourtant, au-delà de l’effet de mode, quand on cherche à comprendre le saut en avant réalisé par Fleetwood au classement mondial, ce n’est pas son putting qui lui a permis de franchir un cap, mais l’ensemble de son jeu, et plus particulièrement du tee au green.

Entre 2016 et 2019, il y a eu deux progrès notables : Un peu plus de précision pour les fairways en régulation avec une légère augmentation de sa distance moyenne, et un peu plus de green en régulation, selon les statistiques de l’European Tour.

En 2016, il prenait 60% des fairways contre 63% en 2019. Au passage, il a gagné 8 mètres en moyenne, mais attention, la saison 2019 est en cours. Ces chiffres sont susceptibles de varier.

Pour les greens en régulation, le changement est marginal passant de 74 à 75%.

En réalité, Fleetwood est un golfeur qui a progressé régulièrement depuis 2013. Il avait déjà un gros potentiel. Il ne lui manquait que de gagner en confiance, et dans les grands rendez-vous.

Il vient de prendre la seconde place à The Open disputé à Royal Portrush, et court après sa première victoire en majeur.

En 2018, il avait déjà obtenu une seconde place à l’US Open derrière Brooks Koepka.

Son putting est néanmoins resté sur la période 2013-2019 stable à 1,80 putts par green en régulation.

Sa moyenne de putts par parties est à 30 depuis 2012 ! Pourtant, il considère que depuis 2017, c’est dans ce domaine où il a fait le plus de progrès ! Ce que ne traduisent pas les chiffres.

Un journaliste britannique (dit très bon joueur) Hannah Holden a eu l’idée de tester la griffe pour son putting, et a partagé ses résultats, laissant entendre que ce serait extraordinaire.

Il aurait effectivement amélioré la régularité de son putting, et surtout amélioré en moyenne la position de sa face à l’impact.

Pour ma part, golfeur de niveau moyen, mon putting est le compartiment de mon jeu qui est le moins faible. Ma moyenne est de 37 putts par partie cette année avec des premiers putts à près de 8 mètres, toujours en moyenne.

La qualité du putting est toujours à mettre en relief avec la longueur des premiers putts.

Les pros approchent les trous en moyenne à moins de 4 mètres à 100 mètres du green. C’est difficile d’ambitionner 30 putts quand on est deux fois plus loin dans la même situation.

J’ai basé ma technique de putting sur deux articles précédemment écrits sur les qualités au putting du meilleur putter du monde, Jordan Spieth, et un autre excellent putter : Rickie Fowler.

Suite à ces deux articles, j’ai adopté la main gauche basse de Spieth (droitier), et de légèrement surélever le putter avant de taper la balle, comme Fowler.

Je ne suis donc pas dans le cas d’un golfeur en plein doute au putting. Je peux descendre parfois à 32 ou 34 putts.

Toutefois, la curiosité m’a poussé à tester la griffe de Fleetwood.

Pour réaliser le test, j’ai commencé à mesurer des putts à 3 mètres à plat avec le ZENIO pour vérifier la régularité de l’impact (centrage), la régularité du rythme, et la gestion de la face.

Ensuite, j’ai refait le test avec le Trackman 4 pour réaliser d’autres mesures, et notamment la direction du lancement.

Fleetwood explique que la première chose à régler au putting, c’est d’être capable de lancer la balle en ligne avec la cible, c’est typiquement la direction du lancement !

Avec le Trackman, j’en ai profité pour mesurer d’autres paramètres comme la vitesse de balle, le tempo, la longueur du stroke, le lie dynamique, etc…

Je vais détailler ci-après, mais je ne suis pas arrivé à un résultat aussi extraordinaire que celui vanté par Fleetwood ou le journaliste anglais. Je dirai même que le changement est à peine perceptible.

Je rappelle que les stats de putting de Fleetwood ne laissent pas transpirer une amélioration spectaculaire…

Le golf est un « Mind game ».

Il est sans doute convaincu de sa méthode pour de bonnes raisons, et peut-être psychologique, ou alors, avec humilité de ma part, je ne suis tout simplement pas Fleetwood, et je n’ai pas parfaitement exécuté son swing.

Cependant, la question, c’est « Est-ce que vous pourriez gagner quelque chose à utiliser cette méthode de la griffe ? »

A la différence de mon collègue, mon jugement sera plus nuancé, car j’ai tout de même fait deux observations intéressantes sur la direction du lancement, en lien avec… le lie dynamique du club (la façon dont il repose au sol).

L’expérience d’Hannah

Le reporter explique qu’il a toujours eu du mal à contrôler la position de la face sur les greens. Il se décrit comme un golfeur avec un chemin vers la gauche, et une face ouverte, ce qui revient à slicer ses putts.

En fait, c’est comme s’il coupait la balle à l’impact.

Pendant des années, il a travaillé pour améliorer son chemin, pour ne plus avoir qu’à gérer la face, en la laissant le plus ouverte possible pendant l’impact.

Avec un SAM Putt lab., il a mesuré sa face ouverte en moyenne à 1,6 degrés. A moins de 3 mètres, il pouvait manquer le trou sur sa droite, en fonction de la vitesse donnée à son putt.

Selon ce qu’il avait appris de la technique de Fleetwood, cette dernière serait justement intéressante pour limiter les mouvements des mains pendant le stroke.

Le fait de caler le haut du corps (cou, épaules, et la cage thoracique), et le bras gauche (pour un droitier) serait censé neutraliser la main droite, cette dernière porterait une pression extrêmement légère sur le grip.

Assez rapidement, il explique qu’il s’est mis à rentrer plusieurs putts de 3 mètres.

Un mois plus tard, il est repassé au SAM Putt Lab pour constater l’évolution.

Selon les chiffres qu’il a bien voulu illustrer, sa face serait passée en moyenne de 1.6 ouverte à seulement 0.1 degré, à savoir totalement square.

Sur le parcours, il a observé une nette amélioration de ses putts rentrés à moins de 4,5 mètres (environ 10% en plus).

Sa conclusion : Testez un nouveau grip pour tenter d’améliorer vos stats…

Mon expérience avec le ZENIO

Pour être un excellent putter, il faut y consacrer beaucoup de temps, et sans doute plusieurs heures par semaine. Actif, je n’ai pas ce temps devant moi.

Mon putting peut donc fluctuer, et rester relativement perfectible, comme pour beaucoup d’amateurs.

Le ZENIO, petit radar de mesure dédié au putting donne beaucoup de données, pour les synthétiser en 3 thèmes : Impact, rythme, et gestion de la face pendant tout le stroke.

Pour l’impact, sur des séries de 7 putts, le ZENIO prend en compte la régularité avec laquelle vous centrez effectivement la balle dans la face.

C’est le domaine qui demande le plus de pratique pour arriver à l’excellence.

S’agissant du rythme, le ZENIO mesure la durée du backswing, le temps de l’impact, et la durée du forwardswing. En rapprochant les 3 valeurs mesurées en microsecondes, il calcule le rythme.

Le but du jeu est d’être le plus régulier.

Troisième paramètre, et c’est le plus irrégulier chez un amateur, comment ce dernier déplace la face vers l’arrière (ouverture de la face), comment il la ramène à l’impact, et enfin comment elle continue sa course après l’impact (fermeture).

Le moment qui est capital, c’est l’impact.

Quel degré d’ouverture ou de fermeture, ce qui derrière participe à la direction du lancement ?

Avec deux putters, un au hasard, et le mien, j’ai comparé des séries de 7 putts à 3 mètres en ligne droite, avec mon grip usuel inspiré de Spieth et Fowler, contre le grip de Fleetwood.

Le premier constat que j’ai pu faire, et qui est intéressant se trouve bien sur la position de la face à l’impact.

Selon le ZENIO, avec un putter lame, je fermais la face en moyenne de -1.8 degrés avec une variation de + ou – 1,7 degrés (ce qui était beaucoup).

Avec le grip griffe de Fleetwood, la face était plus fermée à -2,4 degrés avec une variation de seulement 1 degré.

Je vais plutôt m’intéresser ici à la face, et laisser de côté le rythme ou la qualité de l’impact, et tout simplement parce qu’après avoir répété l’essai à plusieurs reprises, je n’arrive pas à un résultat qui démontre l’avantage d’une technique par rapport à une autre.

De mon point de vue, le grip est sans incidence sur le rythme et le centrage de la balle dans la face.

C’est déjà en soi une première information.

A ce stade, le doute est permis pour la gestion du déplacement de la face.

Je continue donc le test avec mon putter usuel.

Globalement, mon score s’améliore nettement, et est même meilleur par rapport au test du grip griffe avec mon grip normal. Je n’arrive donc pas vraiment à en prouver la supériorité.

Quid du fitting de putter versus la technique de grip ?

J’ai refait le test pour des résultats très similaires.

Le seul point qui attire mon attention est le fait que cette technique referme plus rapidement ma face à l’impact.

Pour chaque test, cela s’est vérifié, et cela correspondait aux sensations liées à un mouvement atypique.

On peut corroborer la théorie du reporter anglais.

Cette technique lui permet de refermer sa face d’1,5 degrés. Dans mon cas, comme visiblement, je ferme déjà la face à l’impact, cela accentue le phénomène.

Mon expérience avec le Trackman 4

N’ayant pas noté de gains assez significatifs entre les deux techniques de putting, et surtout avec la griffe, j’ai poursuivi au Trackman pour seulement m’intéresser à la direction du lancement.

J’ai refait quatre séries de 15 putts à 4 mètres du trou (droit et à plat).

Pour la première série comparative (2 séries de 15 putts) :

Avec ma technique, la direction du lancement était de 1,7 degrés sur la droite pour en moyenne des coups à 4 centimètres du centre du trou.

Le diamètre d’un trou étant de 10,8 centimètres, on peut donc considérer que je rentre entre le centre et le bord droit.

Avec la griffe, cette moyenne est descendue à -0,4 degrés de direction de lancement, pour en moyenne des coups à un centimètre à gauche du centre du trou !

Pour la deuxième série comparative (2 séries de 15 putts) :

Avec ma technique, la direction du lancement est tombée à 0,1 degré en moyenne (square) et pourtant 7 degrés en moyenne à droite du trou… (attention au chemin, et du coup, à ne pas couper la balle).

Dans ce cas, je commence à ne plus rentrer les putts (à cause du chemin).

On peut commencer à considérer, qu’à force de taper des séries de putts, avec mon grip usuel, j’ai commencé à recentrer naturellement ma face…

C’est pour cela qu’il faut distinguer ce qui est de la technique de putting, de ce qui est simplement de l’entraînement.

Avec la griffe, la direction du lancement reste à -0,3 degrés pour en moyenne des coups à 3 centimètres à droite du centre du trou. Les putts rentrent encore.

C’est l’un des enseignements de ce test.

Indubitablement, la griffe contribue à fermer la face.

Par rapport à mon chemin de putting, je lance plus en ligne, et potentiellement, je coupe un peu moins la balle, et donc moins de dispersion à droite.

Pourquoi un tel résultat ?

Le seul élément que j’isole comme possible explication, c’est le lie dynamique du club (la façon dont il repose au sol… mais en mouvement pendant le swing, par opposition au loft statique quand le putter ne bouge pas).

Entre les deux grips, avec la griffe, le lie dynamique se redresse d’un degré. Cela peut suffire à expliquer cette tendance à fermer plus la face.

En revanche, le test ne démontre aucune régularité supérieure d’un grip par rapport à l’autre. Ce n’est pas le grip qui permet d’être plus régulier. C’est bien le travail et l’entraînement du joueur.

Conclusion

La griffe permet ostensiblement de fermer un peu plus la face à l’impact par rapport à mon grip.

Par contre, c’est sans effet sur le tempo, la vitesse donnée à la balle, le skid (part où la balle glisse avant de se mettre à rouler), la longueur du stroke ou encore le pourcentage de roule donnée à la balle.

En clair, la griffe ne joue QUE sur la position de la face à l’impact, et sur rien d’autre.

Pour l’adopter, il convient de vérifier si vous ouvrez ou fermez-la face à l’impact, tout en vérifiant aussi le chemin.

Un joueur qui ferme la face et en plus envoie son club à gauche du trou va accentuer un phénomène négatif avec la griffe.

Un joueur qui ouvrer la face et envoie son club à gauche du trou va redresser la direction du lancement de ses balles, le cas du reporter anglais.

Dans mon cas, je n’étais pas convaincu au départ.

Je reste dubitatif. Ce changement de grip agit de manière marginale. Sans outils de mesures, je doute que vous puissiez mesurer le bénéfice, sauf à faire des séries de putts à 3, 4 et 5 mètres sur une surface parfaitement plane, et de compter le nombre de putts qui rentrent. Mais comment isoler les paramètres pour être certain des causes et des conséquences ?

Dans mon test, on peut voir que si j’ai modifié la face, au bout de la deuxième série au Trackman, j’ai aussi modifié le chemin !

Si ce grip permet de fermer la face plus rapidement, il n’empêche pas plus les variations de faces.

Autre point qui n’est pas anodin, au bout de quelques putts, j’ai commencé à ressentir une pression sur le scaphoïde de la main droite, sous pression par la main gauche. Ce n’était pas très agréable.

De manière générale, par rapport à un grip conventionnel, le grip griffe n’est de toute façon le plus agréable, et le plus confortable.

Pour Fleetwood, j’imagine que cela agit sur son mental, et qu’il se sent terriblement en confiance.

N’oublions pas qu’il joue sous forte pression. C’est peut-être surtout cela qui est important sur le green. En revanche, ce n’est pas la griffe qui le rend plus régulier. C’est son entraînement, et son talent.

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