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Composition d'un green et influence sur le roulement de la balle

Composition d'un green et influence sur le ro

Suite de notre sujet consacré au putting sur les surfaces très rapides, avec cette fois un focus plus particulier sur les greens. En matière de putting, on peut parler du putter, du joueur, mais aussi du support, la nature même du green, qui a en fait une importance considérable, et souvent sous-estimée ou mal comprise. Détaillons les différents types de grains que l’on peut retrouver sur un green, et l’impact sur la vitesse ou l’entretien. Comprendre la nature du green sur lequel on peut être amené à jouer, peut aussi rapporter des points sur la carte de score…

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Les grandes familles de grains d’herbes trouvés sur un green

Dans le monde, il y a deux types d’herbes qui dominent pour la construction d’un green : Creeping BentGrass, et Bermuda.

Le BentGrass, terme employé dans le golf est aussi appelé Agrotis, soit un genre de plantes herbacées de la famille des Poaceae.

BentGrass est en fait dominante dans les parties du monde où les températures sont modérées ou même froides, alors que le gazon Bermuda est plus souvent utilisé dans les climats plus chauds.

Aux Etats-Unis, le gazon Bermuda ne serait présent que dans une proportion de 20% par rapport au BentGrass, et selon une étude menée sur 16 000 parcours répertoriée par le GCSAA, groupement des superintendants de golfs américains.

La Floride, la Louisiane, La Caroline du Sud, l’Alabama, et le Mississipi sont dans des proportions inverses, et dépassent les 90% de greens en gazon Bermuda.

Les caractéristiques d’un bon gazon pour le golf doivent tenir compte du climat, mais aussi du « trafic » en nombre de golfeurs, pour permettre une réparation rapide.

Le gazon Bermuda supporte bien la chaleur, et peut être tondu ras, tout comme il peut être réparé rapidement, et résistant à la sécheresse.

Revers de la médaille, il peut plus facilement mourir par temps froids.

Green de Grand Cypress à Orlando

On trouve du gazon bermuda sur les tees de départs et fairways à Augusta, alors que les greens sont en BentGrass.

Le BentGrass représente en fait un grand nombre de variétés. Sa texture peut être fine, et monter de manière constante ou être tondue bas.

Certains parcours mixent les types de grains.

Par exemple, au Touquet, les nouveaux greens reconstruits avec la rénovation du parcours ont été réalisés avec un « brown top bent » (tenuis) et du « fescue » alors que les anciens greens sont en « Poa Annua » et « bent ».

Green du parcours du Touquet La Mer (links)

Plus généralement, en France, selon Hervé Eric Cochard - Ingénieur agronome - consultant en sols sportifs, « les Agrostides stolonifères, en général des variétés américaines, sans oublier les Agrostides communes constituent de magnifiques surfaces de putting. Parmi les graminées cultivées, si l’agrostide est reine, il faut garder en mémoire que certaines Fétuques rouges sont parfaitement adaptées aux zones océaniques et fraîches de France et du continent européen. »

Connaître la composition d’un green peut permettre d’anticiper sa performance sur douze mois de l’année.

Quels sont les meilleurs greens ?

Il est avéré que les greens dominés par des grains plus fins offrent des performances de roulement supérieures.

En Grande-Bretagne, le « Sports Turf Research Institute » (SRTI) a mené une étude sur 5 ans et sur près de 4000 greens concernant 600 parcours pour mesurer douceur, vitesse, fermeté, et teneur en chaume.

L’étude a conclu sur le fait que les greens qui présentaient la plus grande proportion de grains fins étaient les plus performants sur une année, avec une surface plus ferme, par rapport à ceux qui présentent du « meadow grass » que l’on pourrait traduire par herbe de prairie ou techniquement Poa annua.

A l’œil nu pour un golfeur non averti, c’est assez délicat à déterminer.

A la limite, si vous avez une loupe grossissante par 40, vous pouvez voir des différences de grains.

La composition du green est en fait plus importante dans la performance constante sur une année et la vitesse, que le fait de tondre très ras, pourtant demande forte des golfeurs, qui impliquent des contraintes importantes pour un greenkeeper.

La vitesse est quelque part moins importante que le « trueness of roll », à savoir un roulé franc ou la fermeté d’une surface roulante sur toute une année.

La vitesse dépend d’ailleurs beaucoup de la sécheresse d’une herbe, et bien entendu de la coupe qui doit être théoriquement de 5 millimètres.

Sous 4 millimètres, le gazon perd sa couverture ou protection naturelle.

Si nous étions mieux capables d’identifier la composition des greens sur lesquels nous jouons, nous pourrions mieux comprendre pourquoi nous ne puttons pas nécessairement très bien sur une année.

Bien entendu, il est plus facile d’avoir un grain fin dans des zones géographiques plus clémentes avec un bon drainage, et paradoxalement un sol moins fertile, comme par exemple sur des links.

Un gazon avec une composition de grains plus fins est plus performant pour le putting, et coûte moins cher en entretien !

Le grain fin demande moins de tontes, moins de fertilisants, et moins de pesticides.

A l’inverse, le type Poa Annua que l’on trouve sur certains greens du nord de la France peut stresser plus souvent, demande plus de fertilisants, beaucoup d’eau, et les racines sont plus courtes, ce qui demande aussi plus de pesticides pour empêcher l’herbe d’être stressée et de tomber malade.

Quand un green est d’ailleurs « malade », cela indique qu’il manque de fertilisant de qualité, et d’eau, devenant jaune avant de mourir.

Green du Golf de la Bresse (Ain)

A l’inverse, un green avec un grain plus fin vit mieux dans des conditions moins fertiles.

Le grain présente des racines plus profondes. Durant une sécheresse, il tourne plutôt marron mais ne meure pas. Dès qu’il pleut, il redevient vert !

Type de gazon et fréquence de tonte

Autre élément qui peut impacter la roulabilité d’un green, la tonte elle-même !

Il existe des différences notables de roulement, si le grain du gazon est couché ou pas, et dans quelle direction.

On parle aussi de tonte verticale (verticut), une coupe qui est fait de manière périodique pour éviter qu’à la surface du green, une croissance excessive ne rende le green spongieux, pour améliorer la qualité de la tonte, et le lissé de la surface tout en incitant l’herbe à pousser… verticalement, et in fine, favoriser la pénétration du sable.

Là-encore, le type de gazon va influencer sur la fréquence de tonte. Poa Annua et bentgrass croissent plus vite au Printemps, et à l’automne, alors que le gazon Bermuda est plus agressif l’été.

Toutefois, une tonte verticale excessive peut abimer un green. Le greenkeeper doit donc trouver un juste milieu. (source : USGA)

A noter, contrairement aux idées reçues, le fait de réaliser un verticut n’accélère pas la vitesse des greens. Au contraire, pendant un jour ou deux, ils sont plus lents avant de revenir à la vitesse normale.

Pour votre prochaine partie, ne manquez pas de jeter un rapide coup d’œil à la composition du green, ou de poser la question au greenkeeper, afin de mieux anticiper la réaction de vos putts, en fonction de la nature du support sur lequel vous jouez tout de même 50% de votre partie.

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