Le dosage au putting: Pourquoi ce n’est pas si facile ?

Le contrôle de la vitesse d'un green, au même titre que la ligne de démarrage de la balle, et la lecture des pentes est un élément clé de la qualité d'un putt. Bien doser est une compétence déterminante chez un golfeur. C'est une différence souvent flagrante entre un golfeur professionnel, et un amateur. Cette compétence peut s'acquérir, mais ce n'est pas aussi facile que cela pourrait paraître au premier abord.

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Bien entendu, c’est plus accrocheur de titrer « Dosage : Comment rentrer tous vos putts » ou encore « Le dosage facile pour les amateurs » que de titrer « Pourquoi ce n’est pas facile ».

Ci-après, je vais vous retranscrire une expérience que je réalise actuellement, dans la peau d'un golfeur amateur qui cherche à progresser, et les étapes pour y parvenir.

En décembre dernier, j’ai eu l’occasion de prendre un cours de golf spécialement dédié au putting, avec le coach Rudy OImos, enseignant au Golf de Bourg-En-Bresse.

Dans son studio, il m’a sensibilisé à la question du dosage. Suis-je capable d’envoyer consécutivement trois putts similaires à la même distance ?

Initialement, quand je suis allé voir Rudy, par ailleurs consultant sur le site, et animateur de l’émission « Le Putting by Rudy » sur JeudeGolf.tv, je ne savais pas par quoi nous allions commencer.

Allait-on parler de posture ? de grip ? de visée ? d’alignement ? de vitesse des putts ?

En réalité, la leçon a tout simplement démarré par le dosage au putting.

C’est en réalité la première étape indispensable à travailler pour le coach.

Comment prétendre bien putter, si on ne sait pas correctement doser un putt.

Si je m’en réfère à des outils de mesures de mon score sur le parcours, le putting est le compartiment du jeu le moins mauvais de mon jeu, à défaut d’être excellent.

Avec une moyenne entre 35 et 36 putts par parties, il y a beaucoup de place pour l’amélioration, et notamment sur les putts compris entre 1 et 3 mètres. 

Dave Pelz, qui est une référence pour le petit-jeu déclare « Les meilleurs putters au monde ont trois choses en commun : Une bonne manière de lire les greens, une bonne ligne de démarrage de leurs putts, et un excellent dosage. »

Rudy m’a demandé de putter trois balles placées sur la même ligne de départ, vers une baguette située à 3 mètres devant moi, en me demandant de travailler sur la visualisation de la distance à parcourir, puis je devais exécuter le mouvement, taper les balles, les unes à la suite de l’autre, en tentant de les faire s’arrêter sur la baguette.

Jamais, je n’aurais imaginé que c’était aussi difficile à exécuter.

Avec mon putter, ma mécanique, mais en ajoutant une étape de visualisation demandée par Rudy, j’ai répété l’exercice à plusieurs reprises, sans jamais réellement réussir à arrêter les balles dans un espace de moins de 3 centimètres de dispersions.

Ici, on ne s’intéresse pas à la visée.

Quand j’évoque la dispersion, je fais référence à un coup trop en avant, ou trop en arrière par rapport à ma cible ou même la première balle.

Comment mesurer la qualité du dosage ? C’est bien par la répétabilité.

Être capable de déplacer la balle sur la même distance.

Pour avoir effectué plusieurs répétitions de trois balles, je n’y suis pas parvenu.

De retour chez moi, je devais continuer à travailler cet exercice sur le dosage, en plus d’un autre exercice consistant cette fois, toujours avec trois balles, à atteindre la même cible, mais de trois points de départs différents, à 3, 6 et 9 mètres.

Avec un tapis de putting, j’ai donc continué à travailler cet exercice pour tenter d’envoyer trois balles strictement à la même distance.

Un mois après avoir commencé cet exercice, je dois vous partager ma grande difficulté à parvenir à l’objectif.

Pardon d’être toujours un peu sceptique quant aux experts ou auto-certifiés experts qui vous annoncent sur Internet, comment résoudre une question technique…

Comme le rappelle souvent Xavier Bretin, lui aussi consultant sur JeudeGolf.tv, trop souvent est oublié le fait que chaque amélioration technique nécessite beaucoup de répétitions, et donc beaucoup de temps.

Dans mon cas, malgré mon passé de golfeur, au bout d’un mois d’exercice, certes pas à raison de 10 heures par jour, je n’ai pas encore de résultats.

Je ne peux pas incriminer le coach.

Ce n’est pas la consigne qui n’est pas bonne.

Ce n’est pas le conseil pour y parvenir qui n’est pas bon.

Déjà moi, tout seul à mon niveau, je n’arrive pas à doser trois putts consécutifs et identiques à la même cible. Il y a toujours un écart de quelques centimètres, et même plus que cela.

Le niveau d’exigence souhaité, c’est bien de mettre trois putts en 1 à 3 centimètres maximum de dispersion.

Pourquoi je n’y arrive pas ou pas encore ?

D’une part, à l’évidence, c’est difficile.

Je suis tenu au secret concernant un golfeur professionnel dont Rudy m’a montré les images, et qui n’y arrive pas non plus…

A travers cet exemple, le coach voulait me montrer que sur cette question spécifique du dosage, beaucoup de golfeurs, amateurs et professionnels, n’appréhendent pas complètement toute la dimension du contrôle de vitesse d’un putt.

A 3 mètres, vous me demander de rentrer un putt, oui, je vais vous le rentrer.

D’ailleurs, j’ai une statistique précise sur le parcours et en situation réelle… c’est 33%.

A titre de comparaison, à 3 mètres, les 50 meilleurs du monde se situent entre 61 et 46% de putts rentrés. Et en plus, on ne parle pas des mêmes greens, et des mêmes préparations…

Donc, j’ai, et nous avons, sans doute une énorme marge de progression.

Il y a un paramètre que je n’ai pas encore cité, et qui joue sur la difficulté, c’est la distance en elle-même.

Par exemple, à 90 centimètres ou à 1m80, j’arrive un peu plus facilement à placer mes trois putts dans le même périmètre. Je n’arrive pas du tout à le faire à 3 mètres !

J’imagine que le dosage au putting dépend de trois problèmes à résoudre : L’amplitude du stroke, le rythme du balancier, et le point de contact dans la face.

Trois paramètres qui peuvent varier chacun les uns par rapport aux autres, et donc multiplier les risques d’erreurs.

Pour bien doser plusieurs putts consécutifs, à l’évidence, il faut la même amplitude, mais pas seulement. Il faut aussi le même rythme.

Si vous avez la même amplitude, mais le rythme change, la longueur du putt augmente ou se réduit.

Et puis, le point d’impact dans la face peut exercer une influence sur la roule.

Plus haut, plus bas, plus à gauche, plus à droite, cela joue forcément sur la réalisation.

A ce stade, je constate que s’entraîner à réussir trois putts identiques en dosage, à 90 centimètres, à 1m80 ou à 3 mètres, en fait, cela n’a rien d’évident.

Auparavant, je vous avais déjà fait part de la stratégie de putting du coach Xavier Bretin que j’applique avec une certaine réussite depuis plusieurs mois.

Mesurer tous mes putts en nombre de pas sur le green entre ma balle et le trou, et déterminer avant chaque partie, l’amplitude de mon stroke selon au moins trois mesures : Déplacement de la tête de putter avant le pied droit, à hauteur du pied droit, et après le pied droit (pour un droitier).

Selon la vitesse du putting-green, cela me donne trois distances qu’il me suffit de répéter sur les greens.

Par exemple, 5, 6 et 7 pas ou sur des greens plus rapides, 8,9 et 10 pas.

Cette tactique fonctionne plutôt bien, mais intrinsèquement, ce n’est pas encore une amélioration de ma technique pure de dosage du putter.

C’est bien une méthode ou une tactique.

Arriver à contrôler le dosage, c’est renforcer ses chances de porter les balles plus près des trous, si ce n’est dans le trou.

Amplitude, dosage et points de contacts dans la face, quand vous êtes à l’adresse, au-dessus de votre balle, c’est en fait trop de paramètres à essayer de contrôler, et puis comment peut-on raisonnablement les contrôler ?

Nous ne sommes pas des robots.

A la rigueur, on peut se servir de repères visuels au sol pour essayer de déterminer une amplitude fixe, et répétable trois fois.

C’est un peu le sens de la tactique proposée par Xavier, sauf que dans cette méthode, le but n’est pas de répéter ou de mécaniser une amplitude, mais plutôt de réduire l’incertitude d’un putt.

Quant au rythme, c’est sans doute la chose la plus difficile, et la moins palpable.

Comment putter toujours sur le même rythme, à la même vitesse ?

A nouveau, nous ne sommes pas des robots.

Enfin, le point de contact, de tous les tests de putters que j’ai pu effectuer, si j’ai pu constater de manière arithmétique une chose, c’est bien la grande variabilité des points de contacts de la balle dans la face du putter.

C’est impossible de taper trois putts d’affilés exactement sur le même point !

Pourtant, il y a forcément une solution, puisque je rentre moins de 35% de mes putts à 3 mètres, tandis que l’an passé, Jim Furyk a rentré 61% de ses putts à 3 mètres, sur des greens autrement plus difficiles.

Sans me prendre pour Furyk, on peut à minima imaginer qu’il a trouvé une solution pour se rapprocher d’un bon niveau de régularité dans son dosage.

Il l’admet d’ailleurs bien volontiers.

Quand il arrive sur un putting-green, la première chose qu’il travaille, c’est le dosage.

Il vise un trou et cherche à dépasser de 30 centimètres.

Il commence par de très longs putts entre 6 et 9 mètres, et à placer plusieurs balles dans le même périmètre autour du trou, et donc à lancer idéalement 30 centimètres après.

Quand il estime avoir réussi et gagné en confiance sur son dosage, il se rapproche de la cible.

Très intéressant, comme ce que me suggère Rudy, il place 3 balles les unes à côté des autres, et les tapent successivement à la distance qu’il désire.

Quand il a terminé, et il termine toujours sur un putt qui rentre, il peut partir sur le trou numéro un, et confiant pour le reste de la journée.

Cela étant dit, ce n’est pas encore une aide pour répéter trois putts identiques, surtout à 3 mètres.

C’est là où la philosophie de Rudy rentre en ligne de compte, et rappelle que le cerveau est composé de deux hémisphères.

Le cerveau gauche décompose les problèmes et analyse… Je suis très « cerveau gauche », et peut-être trop…

Le cerveau droit prend les choses plus globalement, favorise l’innovation. Il laisse plus de place à l’intuition.

Comme évoqué plus haut : Comment contrôler amplitude, rythme et point d’impact ?

Faire confiance à la partie gauche ? Tout analyser ? En seulement quelques secondes ?

Cela ne paraît pas si crédible aux yeux du coach, en tout cas, pas pour tous les golfeurs.

Au contraire, il m’invite à faire appel à mon cerveau droit, en me focalisant avec mon regard sur ma cible, plus qu’à penser à chaque élément séparément.

Être plus intuitif, et laisser le cerveau faire ce qu’il sait faire sans chercher à le noyer de données, et d’analyses.

La visualisation n’est pas seulement la clé.

La visualisation permet de laisser le cerveau enregistrer ce dont il a besoin sans le polluer de pensées finalement parasites.

Franchement, à ce stade de mon apprentissage, je n’arrive pas à doser trois putts consécutifs qui terminent rigoureusement à la même distance.

Amplitude, rythme et points de contacts, à 90, à 180 ou 300 centimètres, il y a toujours un paramètre qui bouge, et là, on ne parle même pas de la direction ou de la lecture de green…

D’une part, ce n’est pas facile, et d’autre part, j’imagine que pour les meilleurs golfeurs, caler cette régularité a demandé des heures et des heures, des semaines et des semaines.

C’est certainement le prix à payer pour devenir un putter fantastique.

J’aurai l’occasion de revoir Rudy en février, et lui dire à quel point pour l’instant, je n’y arrive pas, et peut-être avoir une clé supplémentaire.

Suite au prochain numéro…

Revoir la vidéo L'éveil au putting par Rudy Olmos

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