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Sortir d’une crise de putting – L’exemple de Ian Poulter

Sortir d’une crise de putting – L’exemple de Ian Poulter

En 2012, l’anglais était le principal instigateur de la victoire européenne en Ryder Cup, notamment par son putting presque magique sur les greens de Medinah, histoire de narguer le public américain, chauffé à blanc contre lui. Trois ans plus tard, Poulter a quelque peu disparu des écrans radars alors qu’il semblait être en mesure de remporter un premier majeur. Le golfeur le plus loufoque du tour semble avoir perdu sa grinta…Peut-il la retrouver et comment ?

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Ce n’est pas un secret pour ceux qui suivent Poulter sur les réseaux sociaux, le fantasque britannique natif d’Hitchin, une petite ville de 30 000 habitants à l’est de l’Angleterre, est à la recherche de son putting perdu.

Fantasque car contrairement à d’autres golfeurs en souffrance, Ian James Poulter n’hésite pas à s’afficher sur twitter, décontracté avec ses enfants en train de laver la Ferrari familiale, plutôt que de ruminer son infortune.

Les aléas d’une carrière de golfeur professionnel avec ses hauts, et surtout ses bas, ne l’ont jamais beaucoup affecté, lui qui a justement toujours tiré sa force d’une certaine forme de détachement par rapport aux enjeux sportifs.

Poulter ne sera sans doute jamais un golfeur en quête de trophés, lancé dans une chasse aux majeurs ou aux titres honorifiques.

A 39 ans, et après vingt ans passés sur le tour européen, l’anglais a tout de même remporté douze titres dont deux championnats du monde (Match-play et HSBC).

La perspective de passer la barre de la quarantaine ne l’effraie pas, citant toujours en exemple, Tom Watson, qui a 65 ans, prouve régulièrement qu’il est capable de jouer au niveau des meilleurs.

De meilleur putter du monde à un putter quelconque…

Dans la banlieue de Chicago, sur les greens de Medinah, Poulter a été à lui seul l’âme de l’équipe européenne de Ryder Cup.

Spécialiste du match-play, Poulter sait justement prendre sur lui la pression pour la transformer en énergie galvanisante.

Poulter est aux antipodes de ce golfeur amateur qui perd ses moyens quand un autre individu porte son regard sur lui.

Au contraire, la foule peut être même hostile, il est capable de se sublimer.

Sans doute qu’à la fin de sa carrière, on se souviendra plus de lui pour ses matchs endiablés de Ryder Cup que pour ses performances en tournois individuels.

Avant d’évoquer la fin de sa carrière, le 33ème mondial n’en est pas encore là, mais depuis la Ryder Cup 2012, il a progressivement décliné.

Point d’orgue de cette descente aux oubliettes, au début de l’été, il a manqué deux cuts cruciaux en Ecosse et sur son British Open, dont il avait pris la deuxième place en 2008.

Interrogé sur ses performances, “Poult” a pointé du doigt le plus petit club de son sac.

“Je ne suis pas déçu par la façon dont je joue, mais par le fait de ne pas avoir assez rentré de putts. Aujourd’hui, je dois retourner devant le tableau noir, et réapprendre à lire les lignes.”

Conjointement à cet événement, nous interviewions justement Mark Sweeney, fondateur de la méthode Aimpoint qui s’était rendu au chevet du joueur à Saint-Andrews.

Depuis Poulter a rejoint l’écurie des adeptes convaincus de la méthode Aimpoint.

Il est donc intéressant de voir concrètement un golfeur perdu au putting, adopter une nouvelle stratégie et constater les changements.

Poulter adepte de la méthode aimpoint

En préambule, Poulter admettait “Certaines semaines, vous ne pouvez pas lire les lignes, et vous ne visualisez pas la balle aller dans le trou. Ce qui met tout le reste de votre jeu sous pression pour rapprocher cette dernière au plus près du drapeau.”

Commentaire qui est très loin du golfeur qui avait fait preuve de nerfs d’aciers pour rentrer cinq putts pour birdies sur autant de trous à jouer dans un match décisif pour laisser l’Europe en vie dans son match contre les USA en 2012.

Le samedi, veille du jour de miracle à Medinah, Poulter a inspiré toute son équipe ! On ne peut pas minorer son influence positive sur le cours de l'histoire.

Comment Poulter a procédé pour sortir du trou ?

Avec son échec au British Open, l’anglais était réellement au fond du trou. “Nous comptons tous sur notre putting pour gagner. Je vais devoir travailler encore plus.”

Difficile de croire au retour de l’anglais à son meilleur niveau fin juillet, et puis, suite à sa rencontre avec Mark Sweeney, le déclic s’est produit.

Et c’est d’ailleurs un encouragement pour tous les golfeurs. Les choses peuvent toujours aller très vite dans le bon sens.

La semaine passée, à Akron, au cours des championnats du monde Bridgestone Invitational, Poulter s’est tout simplement classé premier au putting de tout le champ de joueurs, avec pas moins de neuf coups gagnés !

Avant le début du tournoi, Poulter déclarait “Akron n’est pas vraiment un parcours fait pour mon jeu. D’ailleurs, je ne vais sans doute pas jouer plus de trois ou quatre trous d’entraînement. En revanche, je vais passer une journée entière au putting green.”

Ajoutant “Parfois, vous restez debout derrière un putt, vous visualisez la ligne, et vous tapez votre coup dans la ligne. C’est peut-être idiot à dire, mais vous n’avez pas toujours cette sensation sur tous les putts.”

Précisant “En ce moment, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Soit mon set-up, soit ma posture, soit mon oeil directeur….à partir du moment où je vais trouver ma zone de confort, les putts vont recommencer à retomber aux fonds des trous.”

Et, c’est tout à fait ce qui s’est produit à Akron où après 54 trous, l’anglais pointait au 4ème rang du tournoi avec le statut de meilleur putter de la semaine.

Au coeur de cette renaissance, Poulter a pourtant réfuté l’idée d’avoir été aidé par un putting coach.

“Je préfère travailler par moi-même. En 14 ans de carrière sur le tour européen, je n’ai été qu’une seule fois en dehors du top-50 pour le putting. Qui sait, si le fait de prendre un coach va m’apporter quelque chose ou au contraire me désordonner ? Je pense qu’on ne peut jamais le savoir en avance, et je ne vais certainement pas prendre un tel risque.”

Commentaire qui confirme au passage que les pros sont encore plus superstitieux que les amateurs à changer quelque chose dans leurs jeux.

Si Poulter réfute l’idée d’avoir recours durablement à coach pour son putting, il a bien bénéficié de l’aide de Mark Sweeney pour adopter une nouvelle méthode de lecture des greens.

Admettez que lire les pentes, ce n’est pas changer toute sa technique de putting.

En tout cas, ce n’est pas une violente remise en question, et plutôt une opportunité de reprendre un des aspects de sa routine.

Plus haut dans l’article, Poulter cite les diverses raisons qui pouvaient expliquer sa perte de feeling sur les greens “set up, posture, oeil directeur…”

Tout au long de cet article, vous avez peut-être noté que Poulter a surtout fait référence à la ligne.

Plus que la technique de putting, c’était bien la visualisation des lignes qui le gênait.

Poulter aussi adepte d'outils d'aide au putting

En adoptant la méthode de Sweeney, Poulter a justement traité le coeur du problème, et indiscutablement avec succès.

Finalement 17ème du championnat du monde Bridgestone, Poulter a connu une dernière journée difficile avec un driving plus aléatoire.

Au-delà de la performance, Poulter a retrouvé son feeling, et sa grinta sur les greens, ce qui pourrait bien lui offrir de nouvelles perspectives pour la suite de sa carrière, et une éventuelle participation à la prochaine Ryder Cup 2016 à Hazeltine, aux Etats-Unis.

Un Poulter retrouvé pourrait être un atout non-négligeable pour affronter le public américain, et porter l’équipe du capitaine Darren Clarke.

Pour un golfeur amateur, cette histoire pourrait être tout à fait inspirante quant aux solutions pour sortir d’une crise de putting.

Dans certains cas, il s'agit de lecture des greens, et la méthode Aimpoint est une solution. Dans d'autres cas, il peut s'agir d'une inadéquation entre le putter et le golfeur. Il peut y avoir de nombreuses causes, et le bion diagnostic est sans doute la chose la plus difficile à faire.

Un fitting de putter ou une session d'entrainement avec un pro pourra aider à détecter l'origine de la crise.

Dernière remarque, quand on interroge Poulter sur son retour en forme, il a de nouveau poingté du doigt son putter plus que ses compétences…comme si le club était le catalyseur de tous nos savoir-faire...A méditer...

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