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La différence entre un bon et un mauvais putt

Est-ce que vous connaissez la différence entre un bon putt et un mauvais putt ?

Evidemment, quand on commence un sujet d’article avec un tel titre, on peut s’attendre à différentes réactions dont celles qui consisteraient à dire : C’est un putt qui rentre par rapport à un putt qui manque l’objectif ! Une telle réponse passerait à côté du sujet le plus intéressant dans le domaine du golf, et peut-être celui que l’on pourrait faussement croire le moins quantifiable. Certes, depuis quelques années, il y a eu beaucoup plus de travaux et des mesures réalisées sur le grand jeu, mais tout de même, quand on creuse, on peut trouver quelques analyses particulièrement intéressantes s’agissant du putting, sans doute le secteur du jeu qui est le plus difficile, y compris pour les professionnels, et plus qu’on ne le croit réellement. Avec ce sujet citant des données proposées par Quintic Sport, dépassez les idées reçues sur le putting !

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Préambule sur la difficulté du putting

Récemment sur son compte de réseau social, la jeune française Joanna Klatten évoquait le fait d’avoir trouvé dans le fitting de son putter, une toute nouvelle posture, bien plus en adéquation avec sa morphologie, et résultat, pour la première fois de sa carrière, elle a pu expérimenter quatre tours de golf complet sous la barre des 30 putts, ce qui ne lui était jamais encore arrivé.

Si on devait lui poser la question de la différence entre un bon putt et un mauvais putt, elle serait sans doute intarissable, et ferait beaucoup référence à l'adéquation putter-joueur. Mais cela ne serait pas tout...

Il y a plus d’une vingtaine d’années en arrière, je me souviens que Claude Levet (père de Thomas), membre du Golf de Saint-Marc dans les Yvelines me déclarait « Si je devais conseiller à un débutant de jouer au golf… Je lui ferai démarrer par les plus petits coups vers les plus grands. A savoir, je lui apprendrai déjà à bien putter, puis à approcher, puis à taper des coups de fers plus longs, et enfin à driver, et absolument dans cet ordre pour que la personne sente toute la logique du jeu de golf. »

A la fin des années 90, nous n’avions pas de Trackman, de tablette de putting, et d’outils sophistiqués pour analyser les putts.

Claude Levet est assurément le premier golfeur que j’ai vu arriver sur un putting-green avec tout un tas de petits accessoires qu’il s’était bricolé pour s’entraîner à putter, et notamment un fil et deux bâtons pour juger la ligne, ou encore une sorte de mini-tobogan à balles pour mesurer la vitesse.

A l’époque, je ne percevais pas encore l’intérêt de toute cette logistique. Je pouvais simplement relever le fait que Claude était un passionné, et un chercheur…

Au golf, chercher, c’est à la fois le plaisir de cheminer, et le plaisir plus rare, parfois de trouver.

Oui, le putting est difficile. Pour en revenir à l’exemple du débutant, ce dernier pourrait croire que le mouvement de putting est sans comparaison beaucoup plus facile à acquérir que le swing de golf pour un grand coup.

En ce sens, Claude Levet aurait raison de pousser les gens à débuter par le putting.

Cependant, si le mouvement pendulaire est clairement plus simple, l’acte de putter avec tout le reste de la problématique, et notamment la réflexion et l’action sur l’environnement, à savoir le green, est ce qui fait toute la différence au golf. C’est spectaculaire chez les professionnels.

Suite à sa déclaration, il ne serait pas étonnant que Joanna Klatten connaisse de grands résultats en 2018, alors qu’elle est déjà dans le grand jeu, l’une des plus longues joueuses du tour féminin américain.

Toujours en prenant l’exemple des professionnels, on pourrait croire que le putting est en fait facile à haut niveau.

Le putting et la relativité de ce que nous voyons à la télévision

Le problème, c’est que les retransmissions TV ne montrent que les bons joueurs, les « featured groups » ou les leaders, à savoir, les pros qui ont tendance à rentrer le plus de putts.

Grâce au PGA ou à l’European Tour, on a cependant accès à des statistiques qui ne trompent pas.

Sur le circuit américain, les meilleurs golfeurs rentrent 65% des putts compris entre 1,5 et 3 mètres. A l’inverse, les joueurs classés au-delà du 150eme rang ne rentrent plus que 52% des putts de cette distance.

Si un amateur peut rentrer 50% de putts sur une saison depuis cette zone critique pour le score, il est vraiment très doué !

A ce titre, le système Arccos Caddie m’a donné une statistique intéressante sur une base de 550 putts joués sur 20 parties. A moins de 46 mètres du green, je joue en moyenne 1,93 putts après l'approche, alors qu’à moins de 91 mètres, cette moyenne monte à 2,16.

On peut tous largement s’en douter. La distance d’approche au trou joue un rôle crucial dans la difficulté qui va nous attendre sur le green.

A plus de 7 mètres du green, les meilleurs joueurs du PGA Tour n’ont plus que 10% de chances de rentrer le putt du premier coup.

En relativisant, la prochaine fois que vous taperez un coup à 10 mètres du drapeau, estimez-vous heureux si vous sortez du green avec deux putts.

A plus de 10 mètres, un amateur a statistiquement plus de chances de faire trois putts que birdie.

L'avis d'un expert à contre-courant

Pour beaucoup d’enseignants et spécialistes en biomécanique, dont Paul Hurrion (expert en analyse biomécanique), le putter est à la fois le club le plus utilisé dans le sac mais en parallèle celui auquel on consacre le moins de temps à l’entraînement.

Les technologies pour analyser le vol de balle ont transformé la façon d’enseigner et le fitting, mais quand il s’agit du putting, la plupart d’entre nous préférons acheter un nouveau putter plutôt que d’analyser concrètement le mouvement produit, pour identifier ce que la balle fait au départ de la face.

Des recherches menées par Quintic en 2013/2014 ont démontré la domination de la face (en particulier l’angle) par rapport au chemin du putter pour expliquer la trajectoire de la balle.

Quintic a déterminé que l’angle de la face prédominait dans 92% de la direction initiale de la balle contre seulement 8% pour le chemin du club.

Les deux critères mesurés déterminent la direction horizontale de la balle et si la balle prend un effet qui la fait sortir de la ligne à gauche ou à droite.

15 ans plus tôt, une autre étude menée cette fois par Dave Pelz était arrivée au constat que l’angle de la face déterminait la direction initiale de la balle dans 83% des cas pour 17% concernant le chemin du club.

Comment les données ont-elles pu autant varier en l’espace de 15 ans ? Comment arriver à déterminer qu’aujourd’hui, l’angle de la face square est encore beaucoup plus important que le chemin du club pour déterminer la trajectoire ?

Pour Paul Hurrion, la réponse est limpide ! Cela provient de la balle elle-même. Il y a pratiquement 20 ans de recherche et développement supplémentaire entre les deux études.

Au cours des années 2000, il y a eu des changements significatifs sur le dessin des alvéoles ainsi que de nouvelles coques externes pour que les balles volent plus loin.

En octobre 2000, Titleist lançait la Pro V1 qui devint rapidement la balle la plus jouée sur le tour, puis trois ans plus tard, venait la Pro V1x avec 60 alvéoles de moins.

La combinaison d’un noyau plus large, plus ferme et une coque moins épaisse avec 60 alvéoles de moins a permis de garder le même touché tout en réduisant le spin et en augmentant la distance.

Si c’est une obsession pour le jeu long pour toutes les marques, c’est à l’inverse, selon Paul Hurrion, une des raisons qui fait que le putting est plus difficile sur les greens aujourd’hui !

La démonstration par les chiffres

Se basant sur une étude réalisée aux Etats-Unis, toujours sur les données du PGA Tour, il a constaté que les meilleurs golfeurs du monde ont des standards de putting moins élevés que par le passé. Pourtant, les coachs de putting sont plus expérimentés, les greens se sont améliorés, les outils d’entraînements sont plus évolués !

Selon les données de l’étude réalisée par strokeaverage.com tenant compte des joueurs du PGA Tour, la moyenne de putts rentrés entre 1,5 et 3 mètres est passée de 89,5% en 2002 à légèrement sous la barre des 88% en 2015.

Cela se vérifie aussi sur les 20 meilleurs golfeurs du PGA Tour pour le putting sur une distance entre 6 et 7 mètres qui est passée de 24 à 20% entre 2002 et 2015.

Cette chute de performance est spectaculaire.

J’ai même du mal à y croire quand on voit Jordan Spieth se situer à 28,4 putts de moyenne cette saison et par tours de 18 trous joués. (20eme meilleure moyenne du tour en 2017).

Pourtant, effectivement, après vérification, pour les putts à plus de 1,5 mètres, son taux de performance est de 80%. A 3 mètres, son taux chute à 46%.

La baisse de performance au putting par les meilleurs joueurs du tour correspond selon Paul Hurrion au développement des balles types Pro V1 x proposées par tous les fabricants à partir de 2004/2006 !

Tous ont été obnubilés par les gains de distances, mais ont-ils réellement regardé ce qui se passait au niveau du contact de la balle avec une face de putter ?

Avec des caméras hautes fréquences, Quintic a fait des recherches sur la balle et le rôle des nouvelles alvéoles sur la détermination de la direction initiale.

Alors que les marques ont travaillé sur le fait de durcir les coques pour dépasser les 270 mètres de moyenne au drive, et donner un maximum de spin sur les coups de wedges autour des greens, qu’en est-il pour le putting ?

Pour Paul Hurrion, si la balle moderne est superbe pour le grand jeu et le wedging, pour le putting, ce n’est pas vraiment l’idéal.

Quand vous combinez une coque de balle plus dure avec un dessin inégal des motifs sur la face du putter (pour donner une surface plus rugueuse, améliorer le spin avec un angle d’attaque positif), vous avez toutes les conditions d’un désastre, toujours selon le biomécanicien.

1 degré d'erreur d'angle de face suffit à rater un putt à moins de 2,4 mètres

Il rappelle à juste titre le fait qu’une toute petite erreur de position de la face, et par exemple, un degré ouvert ou fermé entraîne un putt manqué à 2,43 mètres.

Finalement, c’est seulement maintenant que nous devenons plus conscients de ce qu’est un bon ou un mauvais putt. C’est seulement maintenant que nous avons des outils et des débats pour en parler réellement.

Les experts comme Paul Hurrion commencent à appréhender comment un très léger mouvement de 0,75 degrés à l’impact et sur la face du putter d’un pro peut provoquer une sortie de trajectoire.

Pour lui, la plupart des golfeurs, y compris les pros n’ont pas idée de ce qui contribue réellement au succès ou à l’échec d’un putt.

Et quand un joueur ne sait pas pourquoi il manque, il peut chercher des problèmes là où il n’y en a pas !

Les facteurs à identifier sont l’alignement de la face du putter, le chemin du putter, l’angle de lancement, la vitesse, le point d’impact, la pression du grip, les rotations avant ou après l’impact, une marque dans le sol sur la trajectoire, la pente, et même le vent !

C’est pourquoi Hurrion pose cette question « Est-ce que vous connaissez la différence entre un bon putt et un mauvais putt ? »

Sans le feedback des conditions de lancements de chaque putt, il est impossible de répondre intelligemment à cette question.

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