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Se sortir d’un mauvais pas sur le parcours

Se sortir d’un mauvais pas sur le parcours de golf

Quand vous décidez de vous octroyer du temps pour aller jouer au golf, surtout pour un amateur, dans probablement 99% des cas, c’est dans l’idée de vous faire plaisir, de passer un bon moment, et sans doute, dans un coin de votre tête, essayer de ramener un bon score. Autrement dit, pour la plupart des golfeurs ou des golfeuses, l’idée, c’est d’aller sur le parcours pour bien jouer. On s’entraîne dans cette perspective. On fait des parcours dans cette perspective. On achète du matériel dans cette perspective. Bref, on fait beaucoup de choses pour se lever un matin, partir jouer 18 trous, et faire une belle partie. Oui, mais une fois sur le parcours, il arrive que les choses ne se passent pas comme prévues…

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Vous sortez votre sac de golf du coffre de votre voiture. Vous l’arnachez au chariot. Vous mettez vos chaussures de golf… A tout moment avant le premier tee de départ, vous êtes sans doute ou dans l’euphorie, ou dans l’espoir de vivre une bonne partie, de taper des bons coups, de faire des pars, de rentrer des putts, et de taper des bons drives.

Pourtant, à mesure que la partie avance, et parfois même dès le premier coup tapé, vous êtes étreint par un mauvais coup, une gratte, un vilain slice, et très vite le score augmente plus vite que vous n’avez le temps de crier ouf !

En quelques minutes, quelques balles perdues, quelques putts trop courts ou trop longs, et une journée qui s’annonçait excellente se transforme en chemin de croix.

A la sortie, il y a eu quelques bons coups et beaucoup de mauvais, et peut-être un peu de déception ou alors l’envie d’y retourner, et se dire que cela ira mieux la prochaine fois.

Sans tomber dans le couplet du « ah, il a au moins fait beau » pour faussement se consoler d’une partie qui n’a pas complètement répondue à toutes nos attentes, une phrase prend alors tout son sens.

Une phrase que l’on entend très souvent dans la bouche des golfeurs de haut niveau à la sortie d’une partie, et en zone d’interview « J’ai essayé de faire preuve de patience » ou « Je me suis montré patient ».

Comme si la patience faisait mieux joueur au golf !

Certes, ce n’est pas la patience qui swingue le club, mais pourtant, jouer au golf, c’est faire preuve de patience pendant toute la durée de la partie. Cela pourrait même être considéré comme une école de la patience.

Pendant près de 4h30, il faut rester maître de ses émotions, de ses nerfs, et plus important, rester concentré et appliqué.

Sur le parcours, entre la théorie et la pratique, il y a néanmoins souvent un écart. On a du mal à accepter les coups manqués, les opportunités qui s’envolent, et alors, on peut perdre patience.

Peu importe votre niveau de jeu, peu importe le parcours, de Paris, Lyon ou Marseille, la frustration est inévitable.

Le terrain endure votre patience et test votre mental que ce soit au Golf National ou sur le petit 9 trous près de chez vous.

Justement, sur le tour, semaine après semaine, le vainqueur qui débriefe devant la presse est souvent celui qui se dit avoir été le plus patient, et celui qui a le mieux accepté, et passé les moments difficiles.

Sans se mentir, le golf n’est pas un sport si facile.

Cela teste votre mental et votre capacité à rester en permanence sur l’objectif, dans le présent. Vous ne pouvez pas vagabonder quand vient le moment de préparer et exécuter un coup.

Le vainqueur d’un tournoi est plutôt celui qui rate le moins de coups par opposition à celui qui en réussit le plus !

Rater le moins… c’est plutôt comme cela qu’il faut considérer une partie.

Ne pas aller sur le parcours pour réussir le plus de coups possibles, ce que nous nous disons tous naturellement dans un élan positif.

Il faut aller sur le parcours en se disant « Aujourd’hui, je veux rater moins de coups. » Ce n’est pas très vendeur, mais c’est pourtant la réalité.

Le pro qui gagne le tournoi est celui qui a mieux géré les coups ratés, et surtout derrière, transformé un coup raté en opportunité de se rattraper.

La patience est donc la vertu des meilleurs joueurs, ceux qui sont toujours en contrôle au niveau émotionnel.

Aux USA, une vieille histoire fait mention d’un pro américain qui va voir une pointure, un vétéran aguerri, en lui demandant comment il pourrait s’améliorer.

Le vétéran lui répond « Tu devrais être plus patient », et pour cela lui conseille de se rendre dans un endroit avec des personnes âgées pour étudier leurs comportements.

Le jeune pro s’est rendu à un supermarché pour apprendre à rester calme, surtout quand les choses ne se passent pas comme prévues.

Effectivement, pour une personne nerveuse, stressée ou pressée, rien de tel que de faire la queue au supermarché, pour ressentir une forme de frustration.

On a tous expérimenté de faire la queue dans un supermarché. Est-ce que cela nous aide vraiment une fois sur le parcours ?

Dans le cas de ce pro, le message était « Apprends à relativiser », et sortir du petit prisme du golfeur professionnel, qui joue au golf pour gagner sa vie.

Pour un amateur, qui ne joue pas pour gagner sa vie, mais pour essayer de se faire plaisir, la patience peut être le résultat d’un processus plus concret que l’expérience du supermarché.

Dans l’équipe autour de David Leadbetter, on trouve un personnage du nom de Bob Winters, ou plus précisément Dr. Robert K Winters, psychologue du sport reconnu, basé à Champions Gate en Floride, soit le quartier général de David Leadbetter.

Winters, c’est plus de 45 ans d’expériences dans les domaines liés à la psychologie du sport avec de la recherche, du coaching, et du jeu sur le parcours.

Il se présente comme un expert capable d’aider un simple amateur comme un professionnel sur le tour.

Selon son expérience, il y a donc un simple processus à appliquer pour se sortir d’une situation où sur le parcours, les mauvais coups s’enchaînent et influent sur notre humeur, et notre appréciation.

Mieux que cela, il s’agir de rebondir, et dépasser une « mauvaise passe ».

Sa première stratégie consiste dans un exercice qu’il appelle « L’analyse des 3 swings après coup ».

Après un mauvais coup, au lieu de s’énerver ou pire de jeter un club par terre (Henrik Stenson a beau être professionnel, il gagnerait à prendre des cours), Winters recommande de prendre une profonde respiration, et de swinguer vigoureusement le club à deux reprises.

Ces deux swings consécutifs doivent être réalisés avec une force significative, pour justement servir de cathartise physique afin d’aider le corps et l’esprit à se vider.

Cette procédure a pour but de chasser la frustration qui survient après un mauvais coup.

Après les deux premiers swings, le troisième doit au contraire permettre de sentir ou retrouver le bon rythme.

Rater un coup de golf, surtout pour un golfeur expérimenté qui connaît son swing, est souvent, pas systématiquement, un problème de rythme.

Le troisième swing sert à remodéliser le bon swing, créer un programme moteur au niveau mental qui prépare la réussite du prochain coup.

Cette procédure en trois swings ne peut pas rattraper l’erreur déjà commise, mais en revanche, elle peut et doit vous prémunir de celle à venir juste derrière.

Ainsi, vous retrouvez votre calme, vos esprits alors que le fait de s’énerver vous éloigne encore un peu plus de réussir le coup suivant. Et c’est tout le problème qui consiste à enchaîner des mauvais coups, et abimer la carte de score.

Trop souvent, après un mauvais coup, et par exemple, un chip gratté, on a tendance à vouloir vite enchaîner derrière pour « se débarrasser du coup » sous la pression du regard des autres joueurs.

Or, il faudrait savoir mettre en place une procédure telle que celle recommandée par Winters, pour ne pas empirer la situation.

Le but du troisième swing, le modèle, c’est justement de faire baisser la tension, et de chasser les pensées négatives en la remplaçant par une pensée positive.

L’approche de Winters ne s’arrête pas là. Il voit les choses en deux temps.

En plus de la procédure des trois swings, il fait référence à une deuxième « stratégie » qui consiste à savoir être présent, « The now mentality ».

Si vous tapez un mauvais coup, il vous conseille de réaliser immédiatement que vous ne pourrez pas revenir en arrière, et retaper ce coup.

Ce coup de golf est déjà de l’histoire ancienne.

Facile à dire… il vous invite à accepter ce mauvais coup tel qu’il est, et que vous avez besoin d’avancer au coup suivant.

Le psychologue du sport explique que cette attitude force à rester dans le présent plutôt que de s’accrocher au passé.

Selon lui, il est bien mieux d’accepter une situation plutôt que de s’irriter sur quelque chose de passé, et en dehors de tout contrôle.

Accepter le résultat et rester dans le présent renforce le contrôle de soi, et le fait d’être positif.

Troisième et dernière recommandation, il s’agit du « walk-off release », le relâchement par la marche, et le fait de quitter l’endroit où a été réalisé le mauvais coup.

En plus du fait de réaliser trois swings pour se remettre en route, de ne pas s’accrocher au passé, le coach recommande de se déplacer jusqu’au coup suivant.

C’est à la fois ce qu’il faut de toute façon faire par la logique même de la situation, mais aussi difficile quand le coup raté implique de rejouer du même point !

Prenons le cas d’un chip gratté qui avance de 50 centimètres ou disons 1 mètres. Prenons le cas d’un coup tapé à 100 mètres sans visibilité de la balle impossible à retrouver.

La stratégie du relâchement par la marche ne fonctionne pas.

C’est une pression supplémentaire quand il s’agit de refaire un coup qui n’a pas marché, que de rester au même point.

Est-ce que vous n’avez jamais gratté deux chips d’affilés ?

Winters recommande le fait de marcher au moins cinq pas entre le point où vous avez tapez et le prochain point de frappe.

Rentrez votre tête dans vos épaules et prenez une profonde respiration.

Faites une pause pendant une seconde, et laissez la frustration glisser petit à petit.

Levez la tête, et prenez une autre respiration profonde. L’objectif est de sentir une nouvelle énergie à travers tout le corps, et se mettre dans une attitude positive.

Pour citer un illustre golfeur, Tom Watson, ce dernier indiquait tout simplement que quand les choses devenaient compliquées pour lui, il avait tendance à ralentir.

Ralentir sa marche, ralentir ses gestes… le tout pour retrouver une forme de quiétude avant de repartir à 100% sur le coup suivant.

La méthode de Winters consiste de manière similaire à retrouver une forme de quiétude quand on se trouve challengé par la difficulté à la fois mentale, technique et physique du golf.

Winters ne dit pas autre chose « Ralentissez » pour être moins réactif aux émotions négatives.

Avec cette procédure pour accepter le résultat et laisser partir la frustration, pour le psychologue, vous créez un état d’esprit pro-actif avec de réels bénéfices pour le reste de votre partie.

La patience est alors la confiance à venir.

Pour jouer à votre meilleur niveau, il faut se donner les meilleures chances de créer de bonnes situations à venir, en remplaçant les pensées négatives par de l’énergie et des encouragements.

Cette patience tellement vantée par les pros sur le parcours au moment où c’est le plus dramatique doit se retrouver dans la carte de score.

Par expérience, pour avoir tenté de suivre ces recommandations par le passé, si ce n’est pas inscrit durablement en soi, cela ne prend pas.

Comme le driving ou le putting, cela s’entraîne, et ne se décrète pas.

C’est une véritable hygiène de jeu qu’il faut intégrer avec beaucoup de rigueur, or, quand on n’est pas soi-même golfeur professionnel, que l’on ne joue au golf qu’une fois par semaine, et même moins souvent, il faut se souvenir de toute cette approche mentale qui n’est pas si naturelle.

C’est sans doute la limite de ces exercices de respirations, et de contrôle de soi. Il faut les intégrer durablement pour que cela fonctionne vraiment.

Ce n’est pas du « tips » à la petite semaine pour gagner trois coups en un coup de cuillère à pot… Mais au golf, qui croit aux remèdes miracles…

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