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Une routine de pre-shot vraiment trop longue?

Une routine de pre-shot vraiment trop longue ? Keegan Bradley sous nos yeux au Genesis Open 2017

Vous avez peut-être déjà vu la routine d’avant-coup de Keegan Bradley, ce golfeur professionnel trentenaire, vainqueur de l’US PGA en 2011. Ce dernier a un rituel bien à lui avant de taper chaque coup. Pour l’avoir vu de près au Genesis Open en début d’année, c’est assez atypique ! L’occasion de s’intéresser à la routine de pré-shot, entre partie consciente et subconsciente, ce que disent les experts et les chercheurs.

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Préambule : Une question de bon tempo ?

Vous avez peut-être déjà joué avec un partenaire qui prend beaucoup de temps avant de jouer chaque coup.

Au-delà de la problématique du jeu lent, quel est le réel bénéfice de prendre beaucoup de temps avant de taper un coup de golf ? Ou au contraire, quel préjudice sur la qualité du swing peut-on en déduire ?

Bien définir le temps de jeu

Le temps de jeu est souvent au centre de vifs débats à la fois sur le circuit professionnel, mais aussi pour les amateurs sur une partie du « dimanche ».

Il arrive très rarement que des amateurs soient pénalisés en compétitions (plutôt en grand prix qu’en compétition de classement), en revanche, sur le circuit pro, Jordan Spieth en a déjà fait l’expérience l’an passé à l’occasion d’un tournoi de l’European Tour disputé à Abu Dhabi.

Pourtant dans les règles, la question du délai pour jouer un coup de golf n’est pas extrêmement clairement définie.

La règle 6-7 qui fait état du délai retardé indument parle de la sanction (2 coups de pénalités ou la perte du trou en match-play) mais pas nécessairement des conditions de temps à respecter.

Il n’y a pas dans les règles une loi qui dit que vous n’avez que 40 secondes, pour une fois arrivé sur votre balle, prendre le temps de la réflexion, et taper.

Pas plus que la règle n’explique de combien de temps on dispose pour finir 18 trous.

Si le livre des règles ne fixe pas de cadre, les commissaires de parcours peuvent le faire. C’est pourquoi, il arrive que des professionnels soient « mis à l’horloge », rappeler à l’ordre ou pénalisés.

Un commissaire peut même définir à sa guise le temps nécessaire pour jouer, et ce, pour encourager un jeu plus rapide. Il est d’ailleurs recommandé de connaître les règles locales avant de jouer une compétition.

La seule limitation de temps qui est inscrite dans les règles est en fait le temps pour chercher une balle, soit cinq minutes au maximum.

Les professionnels sont souvent de mauvais exemples pour les golfeurs amateurs qui les regardent à la télévision. On a parfois l’impression qu’ils prennent beaucoup de temps avant de taper chaque coup, et c’est encore plus flagrant avant les putts.

En 2011, un enseignant américain s’est amusé à comptabiliser le temps pris par des joueurs pros pour jouer sur un trou du parcours de Bay Hill, théâtre du Arnold Palmer Invitational.

Il a chronométré des pros puis des amateurs sur un par-4 long de 410 mètres.

Les pros ont joué chaque coup en 107 secondes (routine et exécution) en moyenne pour un score moyen de 4,19 coups pour finir le trou.

Les amateurs ont joué chaque coup en 90 secondes en moyenne pour un score moyen de 4,73 coups.

Heureusement pour le développement du golf au niveau local, les amateurs ne prennent pas autant de temps que les pros, sauf quelques exceptions.

Pourtant, dans les règles spécifiques du circuit PGA Tour, il existe bien une limite de temps fixée à 40 secondes pour la même règle 6-7.

Sous certaines conditions, le PGA Tour délivre 20 secondes supplémentaires à ce délai de 40 secondes. Par exemple, pour le premier joueur qui doit taper un coup de départ sur un par-3 ou le premier joueur à taper un second coup sur un par-4 ou un par-5, etc.

Le cas atypique de Keegan Bradley

Ceci dit, dans ce sujet, il ne s’agit pas de débattre du temps de jeu, mais plutôt de l’efficience d’une routine très longue, comme peut le faire Keegan Bradley, ce qui peut justement allonger le temps de jeu du joueur, et par conséquence, de ses partenaires.

Keegan Bradley au putting sur le trou 9 de Pacific Palissades

Depuis plusieurs saisons, ce golfeur, vainqueur d’un majeur en 2011, s’est rendu célèbre par sa drôle de façon d’adresser sa balle.

Il fait un pas en avant, un pas en arrière, puis il recommence, regarde devant lui avec des yeux pratiquement exorbités, donnant l’impression d’être habité, tourne son club plusieurs fois dans les mains…

Il ne lui faut pas moins d’une minute pour exécuter tout son cirque avant même d’avoir contacté la balle !

Sur un tour, il est capable de produire une vingtaine de coups d’essais différents. Difficile de dire si sa routine a une réelle influence sur la qualité de son jeu. D’autant qu’il en change assez régulièrement, et cela fait plus « toc » que solution pour mettre en route la machine.

En revanche, ce qui est certain, c’est que cela commence à beaucoup agacer les joueurs qui évoluent avec lui dans une même partie à l’image de Martin Kaymer ou de Paul Azinger.


« Ce n’est pas facile de jouer avec Keegan. Parfois, il prend un peu plus de temps avant de taper un coup, et parfois, il en prend un peu moins. C’est difficile de s’ajuster à son rythme de jeu sur le parcours. » commente l’allemand, alors que Paul Azinger n’hésite pas à se moquer de cette procédure « feu vert… feu rouge… feu vert » avant chaque coup.

Qu’en disent les experts et les scientifiques ?

Golf et subconscient

Ben Hogan qui était connu pour être un golfeur technique et méticuleux sur son swing a dit un jour « Le moment du downswing n’est pas le temps d’une leçon de golf ! » voulant illustrer le fait qu’une fois que le club repart vers la balle, vous n’avez vraiment pas le temps de vous demander quoi faire!

Plus près de nous, Jean Garaialde, 82 ans vous inviterait à moins réfléchir pendant votre swing de golf.

Un institut de recherche scientifique en Allemagne (Max Planck Institute à Leizpig) a conduit une série d’études sur l’activité du cerveau humain avant et au moment d’une réponse physique, ce qui au golf s’apparente à l’instant de l’impact avec la balle.

L’équipe de recherche a démontré que le fait de swinguer un club de golf était le plus souvent le résultat d’une activité subconsciente du cerveau.

L’état conscient n’est pas impliqué ou nécessaire.

Pour John-Dylan Thomas, directeur de recherche, l’esprit suit un plan d’action subconscient au plus tôt 7 secondes avant l’action.

Au moment où l’état conscient commence, la plupart des décisions ont été prises.

La conscience humaine fonctionne un peu à l’image d’un disque dur d’ordinateur. Elle contient des pensées, des souvenirs et des impressions.

Le subconscient ressemble plus au "cloud" dans le domaine informatique.

Ce « cloud » est plus riche, car il contient tous les instincts, toutes les mémoires musculaires nécessaires pour produire un bon swing de golf.

Pour un golfeur, la seule chose à faire consiste à taper dans cette ressource.

Malheureusement, l’état conscient interfère très souvent, et c’est justement ce qu’a voulu illustrer Ben Hogan au sujet du downswing.

Quand vous perdez le lien avec le subconscient, vous perdez le lien avec la mémoire musculaire, et le swing instinctif.

Cela rejoint l’idée de Jean Garaialde « Pensez moins, et swinguez mieux ! »

Pour y parvenir, il existerait de multiples petites méthodes ou astuces.

Par exemple, au lieu de faire comme Keegan Bradley et de chercher en permanence cette frontière entre subconscient et conscient, il peut être tout à fait utile d’utiliser son club pour traver une ligne imaginaire sur le sol entre soi et la balle. Cette ligne sera votre intention de jeu.

Il suffit de se tenir derrière cette ligne puis d’adresser la balle. Si une pensée consciente arrive, il faut interrompre la procédure, et recommencer.

Pas plus de deux fois si possible… L’idée étant de swinguer librement sans la moindre pensée distrayante.

Le temps de préparation est-il si important ?

Par rapport à la problématique évoquée en début d’article, quel est le réel bénéfice de prendre beaucoup de temps avant de taper un coup de golf ? Ou au contraire, quel préjudice sur la qualité du swing peut-on en déduire ?

On a vu que selon les chercheurs pour atteindre le temps du subconscient avant une action, il faut au moins sept secondes.

Arriver à sa balle, et ne prendre aucun temps pour se mettre en place semble à l’évidence une mauvaise attitude pour trouver la performance, pas plus qu'il ne faut attendre exactement sept secondes.

On pourrait ajouter selon les conseils de Bob Rotella, le célèbre préparateur mental spécialisé dans le golf de haut niveau qui affirme que le golf est un sport de confiance et de compétences, qu’avant chaque coup, il faut savoir rester dans le « présent », ne pas se laisser aller à penser à autre chose, et par exemple au score.

Faire confiance à son instinct !

Johnatan Vegas au Genesis Open 2017

« Je n’ai pas un contrôle absolu sur la trajectoire de la balle. En revanche, je peux avoir un contrôle absolu sur le fait de me faire confiance. » dixit Rotella.

Comme vu plus haut, nos compétences ne résident pas dans notre état conscient.

En apprenant à se concentrer en particulier sur une cible (le golf est un jeu de ciblage) à chaque fois, vous pouvez diriger l’état conscient correctement, ce qui va appeler l’état inconscient à passer à l’action, toujours selon l’expert américain.

Le subconscient prend alors le relais en scannant son énorme base de données de ressources, afin de produire le bon swing pour le coup demandé.

Il n’est pas nécessaire de réfléchir outre-mesure ou d’y passer trente secondes. C’est beaucoup plus instantané.

Votre état conscient pose la question. Votre subconscient y répond.

feu vert... feu rouge... feu vert ? pour Keegan Bradley

On peut considérer que Keegan Bradley cherche en permanence et de manière exagérée cette relation entre conscient et subconscient. Interrogé sur ce fait, il a conscience que les spécialistes considèrent sa façon de faire comme non-productive.

En conclusion, ce qui compte, ce n’est pas de passer 10, 20, 30, 40 secondes ou plus au moment de la routine, mais d’être efficace dans le fait de passer de l’état conscient à l’état subconscient

Dans le livre « Subconscious golf », Ed Grant écrivait « Pour jouer au mieux de vos capacités, vous devez développer une routine qui décompose le coup en deux parties distinctes. La part consciente implique de visualiser et évaluer les circonstances, choisir le club et le coup à jouer, se préparer à l’adresse. La partie subconsciente consiste à réaliser le swing en tant que tel.

Un swing joué de manière « inconsciente » produira toujours de meilleurs résultats qu’un swing joué de manière trop « consciente ».

Raisonnablement, la partie consciente ne devrait pas prendre un temps supplémentaire à dix ou quinze secondes.

La partie subconsciente ne se quantifie pas de la même façon.

Cependant, un golfeur qui resterait 10, 15, 20 ou 30 secondes en posture à l’adresse, serait forcément en train de réfléchir, de chercher des réponses dans sa partie consciente, et serait donc, avant même d’avoir joué son coup, dans une forme de contre-performance consciente.

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