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Pire que la colère, l’embarras qui frappe les golfeurs

Pire que la colère, l’embarras qui frappe les golfeurs

Le golf est un sport qui nous apporte perpétuellement de nouvelles motivations et satisfactions. Mais le golf est aussi un jeu qui peut provoquer des moments allant de la gêne à l’humiliation, en passant par l’embarras. Au niveau des golfeurs amateurs, il suffit d’une socquette ou d’un drive qui parte en chandelle au départ du trou N°1 devant quelques amis et autres golfeurs attendant leur départ, pour nous mettre dans le plus grand embarras.

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Dans un précédent article, nous évoquions la mauvaise image donnée par quelques golfeurs, quand ils expriment leur colère avec des attitudes qui n’ont pas leurs places sur un parcours de golf.

(Lire Au golf aussi, la colère est mauvaise conseillère)

Nous n’avons pas envie de voir des clubs cassés ou des balles lancées dans l’eau, les coup de pieds dans les sacs de golf, les injures, etc.

Mais après ces excès, généralement ces golfeurs reprennent une attitude normale, leur colère ne dure pas très longtemps, le jeu continue. L’embarras, moins visible par les autres partenaires, peut lui s’installer plus longtemps.

Pourtant et pour beaucoup d’entre nous, cette sensation d’embarras, nous l’avons ressentie dès nos premières expériences de golf.

Souvenez vous des premières tentatives pour toucher une balle au practice, des air shot, des balles qui partent vers les tapis de practice à droite ou à gauche.

On ne s’en souvient pas, et les autres joueurs présents à ce moment-là ne l’ont sans doute pas remarqué, nous n’étions pas en colère, juste bien embarrassés.

Au golf, quand vous vous fixez des objectifs et que pour différentes raisons ils ne sont pas atteint, cela génère de la déception et quelquefois une sorte de colère interne.

Cela fait mal, surtout si vous vous êtes entraîné dur, et donné tout ce que vous aviez en vous. Quelquefois cette déception est légitime, des imprévus, ou des évènements extérieurs sont venus perturber un parcours qui s’annonçait convenable.

D’autres fois, c’est tout simplement parce que vous avez surévalué les résultats que vous êtes en mesure d’atteindre ce jour-là. Cette déception est peut-être un avertissement vous permettant de réévaluer vos propres objectifs avec plus d’impartialité, ou en tout cas avec davantage de modestie.

La colère et la déception passent vite, l’embarras nous le portons plus longtemps

La colère passe vite et la déception également, l'embarras est plus difficile à gérer. Vous avez un peu de mal à respirer, vos genoux faiblissent, votre main tremble au moment de poser la balle sur un tee, vous ne savez pas quoi faire pour sortir de cette situation pour que les autres ne voient plus votre embarras.

C’est un coup terrible à votre ego et à votre âme.

Nous avons tous assisté récemment à ce qui semble être la forme la plus ultime de l'embarras en observant Jordan Spieth le dimanche lors du Masters 2016 à l’Augusta National.

Il nous était bien difficile de regarder successivement ses deux balles de golf trouver une ravine d'eau sur le trou n° 12.

Son embarras après sa seconde tentative était tellement visible qu’il nous incitait à fermer les yeux ou à détourner le regard.

Et à ce moment-là, assurément on imagine que Jordan Spieth ne voulait rien faire de plus que d’aller se cacher sous le pont Ben Hogan quand il a envoyé cette seconde balle dans l’eau.

Pour ce jeune champion de 22 ans (certes multimillionnaire), alors qu’il avait dominé et géré ce Masters depuis le premier jour avec professionnalisme et élégance, pour les derniers trous à jouer, et même s’il pouvait subsister une lueur d’espoir, il était clair que plus que la colère ou la déception, c’était une gêne totale qui l’avait envahi.

Il lui fallait encore avancer jusqu’à la fin du 18e trou, avec dans l’esprit un tournoi et une veste verte qui venaient de s’envoler inéluctablement.

Il continua, et sur le 18 quand il posa ses mains sur sa tête, on pouvait presque l’entendre se dire : « mais qu'ai-je fait? ».

Dans sa courte carrière de golfeur jalonnée par sa domination à tous les niveaux ; du golf junior, à celui d’amateur, au collège, et enfin chez les pros, c’est sans doute la première fois que Jordan Spieth c’est complètement désintégré sur un parcours de golf, et de plus sur le plus médiatisé de tous.

Un quadruple bogey sur le trou le plus célèbre du golf, pendant l'événement de golf le plus regardé dans le monde, ça vous marque un champion…

Si la colère est condamnable sur un parcours de golf, l’embarras peut être touchant

D’autres s’en seraient pris à leur caddy, ou bien jeté leur club, Jordan Spieth, pour son âge a fait preuve d’une grande maturité et d’une indiscutable dignité, en continuant malgré son embarras, et ce jusqu'à la remise de la fameuse veste verte à son successeur.

Certains en ont ris, notamment sur les réseaux sociaux, ils ont oublié que ce gamin de 22 ans venait de vivre l'une des pires expériences de sa vie.

Il sera plus intéressant de voir comment le reste de l'année va se passer pour Jordan Spieth, qui a admis que cette défaite lui prendra un certain temps avant d’être surmontée.

Saura t’il rebondir et remporter un tournoi majeur dès cette saison ? Ou bien attendre des années pour retrouver une position dominante dans les tournois majeurs ?

Comme la vie en général, le golf peut quelquefois nous jouer des mauvais tours.

Quand vous jouez bien, vous ne pensez pas que vous pourrez jouer mal, pourtant quand vous jouez mal, vous ne pensez pas que vous ne pourrez jamais bien jouer.

Ces deux coups aux conséquences catastrophiques de Jordan Spieth doivent nous donner encore plus envie de jouer au golf.

C’est actuellement sans doute le meilleur joueur de golf du monde, et pourtant comme n’importe quel amateur, en un coup de golf, il peut tout perdre.

Parions que Jordan Spieth surmontera cette déception, comme l’a fait avant lui Rory McIlroy qui au Masters également a connu le même genre de mésaventure en faisant un triple bogey sur le trou N°10 en 2011, lui enlevant toute chance de victoire et le laissant frustré et embarrassé.

Rory McIlroy a rebondi rapidement par la suite au Congressional. Jordan Spieth, avec son talent, retiendra cette leçon et saura l’utiliser à son avantage.

L’embarras de Jordan Spieth après ses deux échecs sur le 12, nous l’avons bien vu, mais ce que nous avons vu ensuite c’est le comportement d’un grand champion.

Il suffisait de voir son attitude pendant le reste de la journée, la plus dure qu'il n’ait jamais connu dans le golf, et devant des millions de personnes qui le regardaient.

Digne jusqu’au bout quand il a dû répondre aux questions des journalistes, alors que l’on voyait bien qu’il ne souhaitait qu’être ailleurs.

Le golf est un sport amusant, où la confiance prend des années à se construire et où de simples moments peuvent la briser.

Le golf a une étrange façon d'humaniser et d'exposer ses victimes.

Et ce dimanche de 2016 à Augusta a démontré une chose, Jordan Spieth, meilleur joueur du monde, est tout simplement humain.

Quant à nous golfeurs amateurs, quand nous ratons un coup qui peut engendrer cet embarras, il suffit de penser que les caméras de télévisions du monde entier ne sont pas braquées sur nous, et que nos partenaires du jour se fichent complètement de ce mauvais coup.

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