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Entre pensées et sensations sur le parcours: Chassez le doute!

La compréhension de l’être humain va parfois à la réduction de pensée, et à la catégorisation exagérée. Même au golf "Je suis cérébral". "Moi je ne suis que sensations". La vérité est autre : Chacun est forcément, les deux. Avec une tendance plus affirmée certes, mais les deux quand même. Et nous avons besoin autant de réfléchir que de ressentir...Dans ce nouvel article, moi, Jérôme Marczak, je vais peut-être un peu vous surprendre par rapport à ce que vous pourriez imaginer d'un article traitant de golf, d'expérience, de jeu, de pensées positives ou négatives, mais très vite, vous allez comprendre où je veux en venir, et vers quoi je veux vous ouvrir les yeux... en toute modestie de ma part, golfeur amateur comme vous, mais aussi expert en développement personnel dans ma vie professionnelle. Je pense pouvoir vous amener des réflexes nouveaux sur votre façon de voir votre jeu de golf...

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Juger est facile

C’est même indispensable pour comprendre le monde et s’y adapter.

Notre cerveau fonctionne ainsi. Il reçoit les informations perçues, les traite, les range, les rapproche ou les distingue.

Mal juger est aussi fréquent. Et c’est encore la faute de notre cerveau, cet allié autant que ce traître. Pour nous préserver des dangers, il peut parfois/souvent aller trop vite et mal interpréter les signes.

C’est ainsi qu’on étiquette des inconnus au premier regard, au premier mot, au premier ressenti.

Toute la subtilité du cerveau tient dans son mode de fonctionnement et son interaction avec le corps.

Les informations traitées par le cerveau viennent autant du monde extérieur que du monde intérieur. Les sens perçoivent et envoient des signaux au cerveau. Mais le cerveau crée également des pensées à partir de ce qu’il a déjà engrangé. Il crée son propre monde.

Les pensées et les sensations sont indissociables les unes des autres.

Avoir conscience de notre identité complexe et complète peut aider chaque golfeur à mieux jouer.

En se connaissant mieux, on peut d’abord savoir si notre tendance principale est cérébrale ou sensitive par exemple, comme le montre le modèle Hermann (1), test psychologique utilisé en recrutement ou en management.

On peut plus facilement travailler les points centraux : se détendre mentalement ou musculairement? Intégrer un ancrage psychologique ou mieux s’hydrater et s’alimenter pour rester concentré?

Des tests permettent également d’identifier ses préférences motrices, à l’instar du test ActionTypes qui nous en dit long sur notre profil de coordination innée, en lien avec notre manière de vivre le golf…

Ensuite, jouer avec une face de la pièce favorisera le développement de l’autre. Les points plus forts se renforceront et les points plus faibles perdront de leur faiblesse, comme le suggère l’approche systémique : en modifiant le contexte, on modifie un point particulier.

En atténuant un point faible, on ne se focalise moins dessus par peur.

Comme lorsque l’on améliore ses sorties de bunker, la confiance est dopée, on craint moins cet obstacle et comme par hasard on y va moins souvent… Le point faible étant moins faible, le coup de fer d’avant a gagné en performance.

Attention aux fausses croyances au golf ! 

Croire qu’on est 100% cérébral ou sensations est une fausse croyance très répandue dans le monde du golf.

Comme s’il fallait choisir pour que l’enseignement tende vers l’un plutôt que vers l’autre.

Mais nous sommes tous les deux : Cérébral ET sensations.

D’ailleurs, osons dire que nous sommes tous sensationnels et intelligents! Car nous le sommes littéralement.

Et même les pros de golf qui prônent le swing naturel insistent sur l’importance capitale d’avoir des informations, des feedbacks sur ses sensations, pour les ancrer et les reproduire.

Ce qui implique obligatoirement d’analyser (avec son cerveau par définition), et donc de voyager entre conscience / pensée et sensations / ressenti.

On se trompe souvent quand on est plus assez lucide, car trop fatigué ou déconcentré, entre sensations et inconscient.

Or, ces deux facteurs de tout fonctionnement humain sont réellement différents.

L’inconscient regroupe les pensées traitées par le cerveau, sans qu’on ne s’en rende compte, pour le dire rapidement. Ce qui constitue 95% de nos pensées chaque jour.

Les sensations sont les impressions perçues par nos organes sensoriels : ouie, toucher, équilibre, rapport spatio-temporel (vitesse, coordination, fluidité), vue, pour ne citer que les sens utilisés principalement au golf.

Quand on entend «swing naturel», le cerveau peut comprendre «sans rien faire», «sans être conscient» même. Il n’en est rien. Au contraire.

 

Je me souviens même d’un jazzman célèbre (tellement célèbre que j’en ai oublié l’identité!) en interview: Le journaliste lui demandait comment il pouvait aussi bien improviser, comment il se mettait en transe et parvenait à se lâcher comme ça.

Le musicien a répondu une chose qui changé à vie, ma vision de la musique et de la créativité : Non seulement, la transe n’a rien à voir avec la perte de contrôle, mais les meilleures improvisations sont celles réalisées par ceux qui connaissent le mieux les fondamentaux de l’harmonie, des gammes et du cadre.

Plus on connait ce dernier, et plus on peut s’en affranchir, s’en écarter, s’envoler, pour encore mieux revenir quand c’est le moment!

Fondamentaux, entraînement en amont, pour ensuite laisser faire mais dans son cadre… ça ne vous rappelle rien qui se joue avec une petite balle blanche par exemple ? 

Chaque chose en son temps... 

Pour la compréhension de mon propos, je ne parlerais pas du swing que j’appellerai robotisé qui consiste à adopter un swing type, sans rapport avec sa personnalité ou son endomorphe, ses préférences de coordinations ou son passé sportif et musculaire.

Partons du principe donc que chacun ai trouvé son swing personnel, celui qui va bien, qui ne force rien et qui ne nous retourne pas les lombaires à chaque coup de driver (et je sais de quoi je parle malheureusement).

Pendant quelques mois, après avoir réalisé que je réfléchissais trop pendant mon swing (comme la plupart des golfeurs amateurs que nous sommes), je décidais de laisser faire mon swing naturel.

Problème: c’est tout mon process que j’ai lâché aux affres du monde des sensations: moins ou plus du tout de routine avant le swing, ni trop d’analyse après pour savoir pourquoi mon drive partait 50 m à droite dans les arbres.

Ou pourquoi je déloftais mes wedges à chaque attaque de green, perdant ainsi l’avantage de ma longueur au premier coup.

Je ne réfléchissais pas trop, tout simplement.

Je jouais, au feeling.

Je mettais les bons coups sur le compte d’un bon jour, et les ratés sur celui d’un mauvais. Et j’espérais qu’avec la répétition de la mécanique des bons jours, les mauvais disparaitraient.

Ce n’est pas comme cela que ça marche.

Et on a beau le savoir..., mais si tous les chemins mènent à Rome, toutes les croyances fleurissent aux abords du chemin du golfeur dans son apprentissage.

En réalité, je mélangeais toutes les étapes, et ne pas respecter certains basiques du golf (comme du sport d’ailleurs) ne mène à rien de bon, si ce n’est incompréhension, frustration, difficultés d’apprentissage, progression ralentie voire régression, et au final abandon d’un jeu qui peut pourtant apporter joie, développement personnel, confiance, plaisir, satisfaction, et également d’excellents résultats en termes de score et de coups réussis.

Oui chaque golfeur doit réfléchir et faire confiance à ses sensations. Pas en même temps, tout simplement.

La réflexion et les pensées ont tout leur intérêt avant et après l’exécution du geste. Et les sensations pendant le geste.

Il reste que certaines conditions doivent être mises en place pour éviter de penser trop pendant le mouvement.

Car pourquoi réfléchit-on pendant le mouvement?

Pour deux raisons principalement : manque de concentration (voir article ici pour mieux se concentrer) et doute. 

Préparation, décision, action 

La phase de préparation du swing vise à mettre en condition optimale pour l’exécution qui suit, et centralise les informations à disposition :

1- Définition de l’objectif (cible).

2- Moyens pour atteindre cet objectif (choix du club en fonction des conditions internes et externes: forme et tendance du moment, météo, stratégie), mouvement (effet ou pas, mécanique répétée à l’entrainement, conscientisée et/ou ressentie jusqu’à l’avoir intégrée dans sa tête et dans son corps).

3- Préparation mentale : conditionnement psychologique avant l’exécution pour que les pensées soient en majorité des pensées tournées vers l’objectif, favorisant la performance, clairvoyantes, positives et motivantes.

Cette phase doit mener vers une décision claire et précise.

Sans doute sur le club choisi, sur le fait qu’on maîtrise le geste technique, sur la direction à prendre. On a réfléchit pour que la décision soit nette, et/ou on fait appel à ses sensations passées pour les reproduire.

Sans réflexion, pas de décision tranchée.

 

L’étape de décision consiste à s’engager dans l’action pour atteindre l’objectif défini en amont après réflexion.

Certains visualisent l’action avant son exécution.

D’autres se parlent à voix haute pour que le cerveau entende l’ordre à respecter.

Pierre Lainey présente clairement les étapes de la psychologie de la décision dans son livre éponyme, que je conseille à celles et ceux qui aiment comprendre et ont besoin de savoir avant d’agir (2).

Sans décision tranchée, pas d’action performante. Quand on ne sait pas quoi faire, impossible de le faire.

Évident. Et pourtant…

Il ne reste plus qu’à effectuer le swing de golf.

La routine, devenue automatique à force de répétition, n’est idéalement plus réfléchie.

Mais penser consciemment à la succession des étapes exécutoires du swing offre l’avantage de ne plus se questionner sur rien.

On se place, on exécute ce que l’on sait faire.

Le temps des questions, des pensées, des doutes est normalement passé, si les phases précédentes ont été respectées. On sait ce que l’on a à faire. On sait qu’on sait le faire. On le fait.

L’acquisition de la technique et de ses fondamentaux, la répétition, l’analyse de son swing à l’entrainement, le travail de certains secteurs du jeu, ont permis d’atteindre un niveau de confiance tel que le corps est seul «Maître» pendant le mouvement.

On est compétent inconscient (on ne sait plus qu’on sait).

Dans cette phase, on ressent la fluidité ou le manque de relâchement en tournant, le maintien de l’équilibre ou le déséquilibre au finish, le poids vers l’arrière ou sur la jambe gauche…

Le corps agit et parle juste après pour envoyer de nouvelles informations au cerveau, qui pourra les traiter. Et garantir l’évolution continue de notre gestuelle si besoin.

Le cerveau nous fournit toutes les informations pour notre évolution, autant qu’il nous protège, assurant notre sécurité.

Paradoxal?

Non, c’est juste qu’il peut faire les deux. 

Comme tout golfeur peut penser et agir. Réfléchir et ressentir. Avec autant d’efficacité. Juste pas en même temps…

Comme évoqué plus haut, mieux on réfléchit en amont et en mode analytique plus on se sent prêt et en confiance quand le temps arrive de jouer.

L’exécution en sera optimisée, fluide et naturelle sans questions ou pensées parasites dues au doute.

Pensez et ressentez au golf! Pourquoi choisir quand on peut faire les deux? 

Quelques exercices pratiques 

Voici un florilège d’exercices pratiques pour optimiser les phases de réflexion et de sensations de votre golf.

Faites votre choix en fonction de vos envies, de vos préférences.

Et surtout, osez en choisir dans le secteur qui vous ressemble le moins ou dans lequel vous êtes le moins confortable ! 

Exercices pratiques pour mieux penser au bon moment

Questionnez-vous avant votre swing: Quel est mon objectif? Comment l’atteindre? Ai-je la compétence de faire ce coup auquel je pense? Quels risques de le faire? Quels bénéfices? Est-ce que j’ai pensé à tout? Oui? Alors on y va. Action!

Questionnez-vous après le swing: Quelles informations puis-je utiliser de mon swing pour faire mieux en cas de coup «raté»: divot, résultat, position au finish, quelles informations me manquait-il? 

Lecture du green insuffisante, routine non respectée? De quoi y penser la prochaine fois… Et de quoi également sortir au plus vite d’une émotion négative à la suite d’un coup «imprévu».

Je dis ça, mais cela ne m’empêche pas de lâcher un cri de bête de temps en temps, à la suite d’un bonne frustration accumulée… On reste humain quand même.

Une fois la phase d’analyse passée, pendant qu’on se rend au trou suivant, on peut enchaîner justement avec… le trou suivant. Car c’est toujours le plus important n’est-ce pas?

Notez dans une journée le maximum de vos pensées, et notez-les en deux colonnes : Pensées positives / pensées négatives.

Nos pensées conditionnent notre confiance et notre engagement dans nos actions.

Trop de pensées négatives sapent le moral, et les chances de réussite.

Bonne nouvelle, il est possible de remplacer des pensées négatives par les positives.

Filmez-vous au practice : ça fait mal pour certains mais c’est très formateur pour prendre conscience de qu’on fait.

Ce qui peut être loin de ce qu’on croit faire… Rien de tel pour (re)modéliser son swing et trouver les bons réglages. 

Exercices pratiques pour mieux ressentir au bon moment

Ressentez votre état avant l’exécution du swing: comment je me sens?

Plein d’adrénaline, fatigué, mou, tendu?

Si je suis contracté, j’applique les petits exercices pour me détendre: Respiration profonde, swing d’essai pour me relâcher... je bois un peu d’eau, je souris, j’effectue mon geste d'ancrage pour entrer dans ma routine.

Ressentez votre état après le swing: Content, souriant, satisfait, déçu?

Est-ce en rapport avec le résultat ou le mouvement (on peut swinguer avec souplesse et faire une belle gratte).

Ressentez plus encore : Fluidité, rythme, son du swing, son du contact de balle, finish en équilibre, rythme cardiaque…

Tentez à entraînement des coups sans regarder la balle pour développer vos sensations.

Putting en regardant uniquement le trou, swing en regardant droit devant vous la tête levée donc sans regarder la balle, lâcher le club au maximum au swing, testez le grip à 9 doigts (auriculaire de la main avant qui ne tient pas le club), testez le bâton souple d’entrainement au swing (avec lest au bout) pour ressentir le poids du club, swinguez le club à l’envers au practice pour fouetter l’air en bas du swing et pas trop tôt…

Testez les exercices d’équilibre et de proprioception: Swing sur la jambe avant, avec pieds sur balles de golf, du côté gauche pour les droitiers et de l’autre pour les gauchers, plus ou moins en avant / arrière sur les talons, se laisser aller vers la pente après coup avec la balle sous les pieds... 

(1) Le test psychologique Hermann, modélise quatre grandes familles de traitement de l’information, comme un inventaire de préférences qui sous-tendent les modes de pensées et de comportement de toute personne humaine : analytique, séquentielle, interpersonnelle et imaginatif.

(2) Psychologie de la décision, Pierre Lainey 

Jérôme Marczak est consultant pour JeudeGolf.org.

Diplômé d’un Master en sciences humaines, et après une carrière en communication / marketing dans de grands groupes, puis en tant qu’entrepreneur, il accompagne les dirigeants de start-ups comme Executive coach et expert en développement personnel.

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Commentaires   

fr.gounin@outlook.fr
0 #1 Merci Jéromefr.gounin@outlook.fr 22-07-2021 15:02
Merci Jérôme, c'est très instructif, certaines personnes (j'en fais parti), ou même si la technique est importante, je pense qu'avant tout c'est une histoire d'assurance, de feeling, afin de diminuer ce stress, cette pression qui nous font jouer comme le débutant, même après 20 ans de golf, de louper des coups, j' ai toujours cette sensation, que je n' ai pas trouvé le swing de Bagger Wance :), donc cela à pour conséquence, de me sentir toujours avec aussi peu de confiance, en particulier pour les départs, les mises en jeu, c'est bien de le savoir, mais le plus important c'est d' appliquer les choses, les mauvais coups ne partiront pas tous, mais si la confiance, je pourrai diminuer les mauvais coups. C'est un travail de longue haleine, de changer ses mauvaises habitudes, vivement les prochaines épisodes, pour nous permettre de s'améliorer dans sa confiance de jeu

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