Labo Golf : Mieux se concentrer pour mieux scorer ?

Il est vrai que cet article s’adresse d’abord à des golfeurs ou des golfeuses qui sont à la recherche de mieux jouer, de performance, et in fine, de faire une ou plusieurs « cartes ». Avec le recul sur l’expérience que j’ai mené, effectivement, un golfeur "loisir" se sentira moins concerné par ce sujet, ou par ce qu’il faudra mettre en place, bien que ce ne soit pas vraiment contraignant. Ici, il ne s’agit pas de vous promettre de taper un drive 50 mètres plus loin en une semaine, ou de rentrer tous vos putts à moins de deux mètres. Non, il s’agit de l’attitude sur le parcours, et plus particulièrement l’attitude à rechercher avant chaque coup de golf, une forme de discipline…

Tout est parti de…

Mon expérience a démarré autour d’un apéritif dans le salon d’Alexandre D’Incau, sa femme Sonia, et Guillaume Sauzet, à l’occasion d’un déplacement à Seignosse, pour tourner la saison 3 de Workshop, à diffuser cet été sur JeudeGolf.tv

Le soir, autour d’une bière, je ne sais plus comment nous sommes arrivés autour du sujet de la concentration sur une partie de golf, et en particulier sur l’usage de la FocusBand comme outil utile dans l’amélioration de son jeu…

Quand j’avais découvert cet outil pour la première fois à Orlando il y a déjà plusieurs années, j’étais resté dubitatif. Je ne voyais pas vraiment les golfeurs amateurs se mettre à utiliser cet outil, et travailler leur concentration, en plus du swing… Je ne sais même pas si les golfeurs professionnels l’utilisent réellement.

J’ai commencé à changer d’avis sur un autre tournage, plus récemment avec Rémy Bedu, qui dans son sujet « 1 jour pour gagner 4 coups » avec Alexis, l’avait utilisé, et en avait fait une brillante démonstration.

Le sujet de la FocusBand a été remis sur la table par Alexandre d’Incau, et dans un de ces moments où il prend du plaisir à me chambrer.

Il est lui-même propriétaire de cet outil, et sans doute l’utilise-t-il de temps à autre au cours de ses fittings, et selon les profils des joueurs. Alexandre a toujours été passionné des préférences motrices, et notamment pour l’aider à mieux fitter les joueurs.

Il se trouve que Guillaume Sauzet distribue ce produit, et a souvent été frustré par mon manque d’intérêt pour ce FocusBand. Il a même essayé de me mettre en relation, toujours à l’occasion du PGA Show avec le fondateur du produit, ce que j’avais décliné. Ce qui illustre à quel point je pouvais être sceptique.

Comme quoi, dans un canapé confortable, autour d’un verre de vin, et surtout une tranche de pâté, Alexandre m’a encore fait une démonstration suffisamment séduisante du produit, et en mode « cap’ ou pas cap’ ».

Piloter notre cerveau ?

FocusBand se résume en fait à un capteur porté sur la tête, et qui distingue quelle hémisphère de votre cerveau est en cours d’activation, gauche ou droit.

Pour rappel, l’hémisphère gauche fait référence au langage, à l’écriture, aux chiffres, à la logique, et à l’analyse. D’ailleurs, en écrivant ces lignes, je comprends que le plus clair de mon temps, j’active cette partie de mon cerveau, et comme sans doute beaucoup de golfeurs toujours dans la vie active, ou dans un emploi de bureau.

L’hémisphère droit fait quant à lui référence à la notion d’espace, de pensée sans langage, le rêve, l’imagination et l’intuition…

Quel est l’hémisphère à activer pour taper le meilleur coup de golf possible ? Visiblement, ce serait le droit, et nous les amateurs, moi, activons surtout le cerveau gauche.

Au cours de cet apéritif, le défi proposé par Alexandre consistait à utiliser le FocusBand pour passer d’un hémisphère à un autre, du gauche au droit, et surtout de rester le plus longtemps dans le droit…c’est justement ce que le FocusBand mesure.

L’outil ne fait pas que mesurer, il permet justement de s’entraîner au travers d’exercices de concentration.

Mais à quoi bon ?

L’idée, c’est bien entendu d’emmener le bénéfice sur le parcours, et jusque-là, je n’en avais aucune idée.

Le lendemain de cette expérience, nous avions un départ avec Guillaume au Golf du Médoc, sur le parcours des Châteaux, sur lequel je n’avais encore jamais joué.

Piqué au vif, et toujours passionné de chercher des nouvelles solutions pour mieux jouer, j’ai appliqué une routine sur chaque coup, et pendant 18 trous.

Guillaume, qui au passage en a lui-aussi profité pour me chambrer « alors tu es focus ? » a pu constater que j’ai sorti une de mes meilleures cartes de l’année 2021, à savoir +14 coups au-dessus du PAR (85) depuis les boules blanches sur un parcours jamais joué, et d’une longueur de 6305 mètres (plutôt long).

En quelques heures, je n’ai pas changé ma technique, mon physique, ma stratégie ou mon mental. J’ai seulement changé ma concentration à un moment précis, quelques secondes avant de taper chaque coup, en essayant de passer de l’hémisphère gauche vers l’hémisphère droit, être moins analytique, et en fait plus intuitif.

Le lien avec les préférences motrices ?

Je dois préciser que toujours la veille, Alexandre avait tenu à refaire mes préférences motrices.

Alexandre m’a testé en ISFP (du chinois pour beaucoup d’entre nous), soit introverti sensitif feeling, et œil moteur gauche, un terrien associé en somme !

Je précise tout cela pour faire le lien entre la préférence motrice « feeling », et la notion d’intuition liée à l’hémisphère droit.

Ainsi, je ne sais pas si le fait de se focaliser plus sur l’intuition fonctionne pour un profil qui ne serait pas feeling…C’est la limite de cette expérience.

Quoi qu’il en soit, sur le parcours, sur le tee de départ, ou avant un putt, la seule chose que j’ai changé ou mis en place, c’est mon attitude.

J’ai vraiment fait l’effort de visualiser ma cible, essayé de ne penser à rien d’autre, essayé de faire le vide, et même de déplacer mon attention sur mon hémisphère droit.

De sorte que devant la balle, je changeais d’attitude physique et mentale, rien à voir avec ce que j’ai toujours fait, en essayant de visualiser la cible en stimulant mon hémisphère droit ou plutôt en cherchant à le ressentir au travers le regard de mon œil droit, en faisant le vide, je me suis globalement mis à taper de meilleurs coups, plus en ligne avec la cible, et avec moins de déchets, notamment le centrage de la balle.

Enfin, je le crois, et je comparerai presque cet état à un état hypnotique ou de transe.

Depuis cette partie, je n’ai pu jouer que quatre parties sur 18 trous, pour des scores de 87, 92, 85 et 83, dont les deux dernières parties sur des golfs inédits pour moi (Les Ormes, et Pléneuf).

Cela ne veut pas dire grand-chose, cependant, le 92 a été une mauvaise partie, jouée avec une mauvaise attitude (le parcours n’était pas bon, et je n’ai pas réussi à en faire abstraction).

Ma faiblesse est de ne pas globalement pendant quatre heures rester sur le plaisir et une attitude plus neutre, plus positive, surtout quand un facteur général extérieur me perturbe (mauvais état du terrain, mauvais green, partenaires indélicats ou pas sympa…)

Sur les autres parties, j’ai mieux joué en essayant d’appliquer cette routine avant la frappe de balle, mais je constate que c’est loin d’être parfait, car beaucoup de facteurs extérieurs peuvent justement facilement me perturber, comme le fait de discuter avec mon partenaire de jeu, et quelque part, sortir de ma bulle, et de ma discipline de concentration.

Une discipline à adopter ?

La discipline, c’est un peu le revers de la médaille… quand on est focus comme se plait à me le demander Guillaume, c’est une routine de seulement quelques secondes avant la frappe, au moment où on se met en place au-dessus de la balle, mais il faut le faire systématiquement et quel que part, avec méthode, et rigueur.

Le faire une fois de temps en temps ne sert à rien. Quand on se met dans l’optique de changer son attitude avant les coups, et notamment être plus attentif à son instinct, ou être moins analytique, cela doit devenir une seconde nature ou systématique.

Je ne suis pas sûr que tout le monde se retrouve dans cette attitude qui ressemble à se plonger d’un coup dans une bulle, taper son coup, et puis en sortir, pour reprendre le cours normal des choses.

Cependant, j’ai un souvenir très positif de cette partie, car justement j’ai su rester dedans, je ne me suis pas agacé, et en le tenant jusqu’au bout, j’ai même eu le bonheur de faire un birdie au 18.

Bien entendu, la concentration ne remplace pas la qualité du swing. C’est plus un complément au jeu en place, une sorte d’étage supplémentaire à la fusée.

Comment quantifier les gains ? Je crois que l’on ne peut pas. Je peux seulement qualifier une attitude, et un sentiment plus agréable, alors qu’à contrario, sur d’autres parties, même bien jouées, sans cette routine, j’ai ressenti plus de tensions extérieures, comme les parties devant moi qui n’avançaient pas ou les parties derrières (effet de compression).

En conclusion, je suis plus intéressé à l’idée de vous creuser la question du FocusBand, ce que cela fait vraiment travailler, et surtout comment quantifier un bénéfice concret sur le parcours.

Aujourd’hui 13.9 d’index, avec un niveau selon le système de la FFG de 10, l’objectif, c’est bien de rapprocher l’index du niveau, et je pense que ce n’est plus le matériel, ni le swing qui peut permettre de resserrer l’écart, mais bien la stratégie et surtout l’attitude sur le parcours.

Beaucoup d’amateurs dans le même cas de figure se reconnaîtront peut-être dans cette problématique où le swing n’est plus nécessairement le point clé du score. J’ai la perception qu’en entre vraiment dans une phase de fine-tuning du joueur, beaucoup plus axé sur la routine, le choix, et la préparation du coup pour jouer mieux.

Sous la barre des dix coups au-dessus du PAR, cela tient vraiment à peu de choses, et la moindre saute de concentration ne pardonne pas.

Mon prochain sujet : FocusBand, comment être plus instinctif ?

Dans ce prochain sujet, j'utiliserai davantage la Focusband au cours d'une séance de practice, pour évaluer si effectivement, un amateur peut intégrer cet outil de manière plus fréquente dans son entraînement, et en tirer un bénéfice encore plus grand pour le jeu sur le parcours.

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