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La réalité d’une crise de yips et comment s’en sortir ?

La réalité d’une crise de yips et comment s’en sortir ? - Crédit photo : Mark Newcombe

Qu’est-ce qu’une crise de yips ? D’où viennent-ils et comment s’en débarrasser ? Ce sujet va vous apporter des réponses à toutes ces questions, car, en la matière, point de fatalité. Pour appuyer la rédaction, nous nous sommes appuyés sur les recherches de psychologues qui ont travaillé sur les yips, et publié des études concrètes et chiffrées. Le sujet va traiter de force mentale, de l’importance de la résistance à la pression, et bien entendu de l’origine profonde des yips.

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Qu’est-ce que des yips ? Que disent les chercheurs ?

La définition exacte fait état de secousses ou tremblements qui fixent la course du putter vers la balle, en altérant son exécution, entraînant une répétition de petits coups inutiles par rapport à la bonne exécution du premier coup tenté.

La première partie de ce sujet est accessible en suivant ce lien.

Les recherches menées jusqu’à présent ont démontré que les yips sont le résultat d’une rupture de tâche spécifique provoquée par des facteurs psychologiques, et en particulier, l’anxiété.

Contrairement à ce qu’affirme Ernie Els au sujet de son expérience des tournois majeurs, rien n’empêche de penser qu’il n’était pas néanmoins anxieux au départ du premier trou à Augusta, comme évoqué dans la première partie de ce sujet en deux temps.

Anxieux ? Est-ce que j’ai encore le niveau, moi, à 46 ans contre les Jason Day, Jordan Spieth, et autres jeunes talents ? Est-ce que j’ai encore ma place ici à Augusta quand je suis qualifié au titre de mon passé d’ancien vainqueur en Majeur ? Est-ce que c’est mon dernier Masters ?

Imaginez le nombre de questions qui ont bien pu se bousculer dans la tête d’Ernie Els. Et croyez-vous qu’il confiera ses angoisses à un micro de journaliste, et devant des millions de téléspectateurs ?

En a-t-il même seulement conscience ?

Cette rupture de tâche spécifique se traduit par des contractions musculaires involontaires et soutenues qui créent des spasmes ou des tensions musculaires d’une partie du corps.

Les études ont démontré que cette forme de crise se manifeste plutôt à partir de l’âge de 26 ans (étude de 2004).

Ce qui pourrait expliquer pourquoi les golfeurs d’âge moyens sont plus souvent touchés. Els n’a sans doute jamais souffert de ce problème dans ses jeunes années, ce qui le déstabilise d’autant puisqu’il s’agit pour lui d’un problème nouveau et inconnu.

Un autre paramètre de l’étude laisse penser que les yips touchent justement plus particulièrement les experts d’une discipline. Ceux qui ont pratiqué et développé longtemps une compétence frisant avec l’expertise.

Els rentre tout à fait dans ce cadre.

Souvenez-vous aussi de Tiger Woods souffrant de yips sur les approches en fin d’année 2015 ! Qui aurait pu croire que Woods pourrait être fragile ?

Il a aussi été démontré que l’anxiété et le stress avaient un lien direct avec ce dysfonctionnement, et pouvaient se matérialiser dans des moments cruciaux, comme quand un joueur est en tête d’un tournoi, ou en train de tenter un putt difficile, précisément ces moments où vous sentez que vous devez absolument rentrer ce putt !

Sans doute ce qu’Ernie Els a dû ressentir sur ce fameux trou numéro un à Augusta !

Comprenez que la solution est certainement de rester concentré sur le processus plus que sur le résultat pour mieux résister à la pression interne que l’on peut se mettre.

Le côté positif des choses, c’est que la recherche a aussi démontré que des solutions étaient envisageables.

La préparation ou renforcement mental a démontré des résultats particulièrement probants en la matière.

L’étude et les solutions mises en place à son terme sur des sujets amateurs

Une étude de cas a été menée aux USA autour de la problématique des yips.

La première étape consistait à mesurer l’impact avant de chercher une solution. L’étude a été réalisé sur un sujet (jargon médical) ou plutôt un golfeur de quarante ans, jouant depuis une dizaine d’années, souffrant de yips chroniques depuis trois ans.

Le sujet de l’étude souffrait d’une moyenne de 9.2 yips par partie durant la phase exploratrice de l’étude.

A la fin de l’expérience et du traitement qui en a découlé, ce taux est descendu à 0.2 yips par partie, soit pratiquement zéro.

Ce premier résultat permet déjà de dire que le problème n’est pas insoluble, et contrairement à l’avis de Ben Hogan, arrêter le golf n’est pas la solution.

Bob Bell, le psychologue spécialisé dans le domaine du golf qui a conduit cette étude a par la suite soumis la solution à plusieurs golfeurs d’index à deux chiffres souffrant de yips, pour tester son protocole à une plus grande échelle.

Sans grande surprise, cette solution a beaucoup à voir avec des principes de visualisation positive et structuré, incitant à se concentrer moins sur le problème, et plus sur la solution. La visualisation positive pouvant être couplée avec des travaux sensoriels, à savoir ressentir le positif en plus de le voir.

Les yips n’ont pas été totalement effacés, mais la fréquence a été considérablement réduite sur la durée d’une partie. Les effets positifs se faisant sentir sur une plus longue durée.

En revanche, l’étude a aussi démontré que quand le sujet arrêtait de mettre en place la solution, il revenait irrémédiablement au point de départ. Ce qui nous apprend que la guérison est un long chemin, demandant de l’abnégation.

Pour obtenir des résultats consistants, il faut accepter de poursuivre durablement le programme de visualisation positive.

Pourquoi cela fonctionne ?

Pour le psychologue « C’est lié au fait que notre cerveau a une meilleure capacité à comprendre comment faire les choses, plutôt que comment éviter de les faire. Il faut se concentrer sur le fait de se voir faire les choses, progresser et aller de mieux en mieux, ce qui représente la partie de visualisation mentale, et c’est cette partie qui a le plus grand impact sur le résultat final du processus anti-yips. »

Pour le spécialiste, il est beaucoup plus simple de se concentrer sur le processus plutôt que sur le résultat. Il faut simplement laisser les choses se produire. Si le processus est bon, le résultat le sera tout autant. Il y a une forme de lâcher prise à appliquer dans ce cas.

Et n’oublions pas que le golf est un « sport de cibles à atteindre ». C’est pour cela que le fait de visualiser positivement la cible est aussi important.

Résultats concrets de l’étude

Le premier graphique démontre les résultats quasi-immédiats de l’expérience en termes de fréquences d’occurrences des yips, ce qui se traduit par une forte baisse des yips entre la phase d’origine (baseline), et la phase de traitement.

Sachant que l’expérience a aussi été accompagné d’une phase de « service après-vente » ou de « maintenance » de soixante jours pour contrôler les effets dans la durée.

Le deuxième graphique illustre le pourcentage de putts rentrés à 1.2 mètres ou moins qui a augmenté à mesure que le cobaye a adhéré à la solution, au départ de 77% pour arriver à un optimum de 97%. Par la suite, dans la phase de maintenance, ce taux est retombé à 81%, confirmant un léger gain par rapport à 77%.

L’exemple d’un golfeur professionnel : Camillo Villegas

Quand le colombien jouait à l’université (Floride), à cette occasion, il remporta le Championnat national avec un grand nombre de très bons joueurs dans son équipe. Qu’est-ce qui a pourtant fait la différence en sa faveur ? Pourquoi lui ?

Sa réponse !

« Quand il m’arrivait de mal jouer sur une partie, ce que nous faisons tous, je revenais tout simplement aux fondamentaux, et je m’entraînais sur ce qu’il était nécessaire de faire pour reprendre confiance. A l’inverse, les autres commençaient à trop focaliser sur comment changer les choses ou chercher quelque chose de différent. De mon point de vue, quand nous commençons à chercher, nous sortons du bon chemin assez rapidement. »

La clé du succès pour sortir d’une crise de yips est aussi simple que cela.

Elle consiste à revenir aux fondamentaux, se concentrer sur le processus que nous pouvons contrôler plus que sur le résultat, que nous ne pouvons pas forcément contrôler, seulement désirer.

Une autre source des yips provient de la pression interne et inhérente à la volonté de réussir qui peut être le fruit de notre éducation, et notre désir de bien faire.

Se fixer des objectifs raisonnables, pratiquer des exercices de relaxations par la respiration sont largement recommandés pour réduire la pression, diminuer le stress, renforcer la confiance en soi oui construire une estime de soi supérieure.

Et en définitive, c’est beaucoup plus important que de chercher à être meilleur techniquement.

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