Posté par le dans Mieux jouer au golf - Nos conseils techniques

Golfeurs: Un peu de concentration quand même !

Une remarque, un commentaire, un bruit de plastique quand il sort son sandwich, le son quand il boit…Ces sources de distractions, on les entend trop parfois. Pourquoi ? Comment l’éviter ? Éclairage sur la concentration, cette inconnue pour beaucoup d’entre nous. Pour ce nouveau sujet, nous avons confié une plume libre à Jérome Marczak, passionné de golf, il exerce la profession de consultant et formateur en communication, et voulait nous proposer un premier sujet sur un domaine qui lui tient à coeur, et sans doute parce qu'au croisement de ce qu'il peut observer dans la vie professionnelle, et donc la vie sur le parcours. Un choix de sujet sans doute en lien avec sa formation en Biologie des comportements accomplie entre 2017 et 2019...

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La concentration est parfois difficile à trouver, à préserver. Surtout avec des distractions auxquelles on est sensible.

Mais l’être humain est ainsi : Le cerveau, dont l’objectif est d’assurer notre survie, a mis en place des alertes sensorielles pour nous prévenir du danger.

Un bruit, une odeur, un contact sont perçus et traités, filtrés et interprétés pour décider de la meilleure manière d’agir en conséquence. Nous devons donc rester attentifs à ce qui nous entoure…

« D’accord, mais entre un sanglier qui se rue sur vous et les remarques d’un partenaire, il y a un différence». Certes, mais pour remarquer cette différence il faut déjà entendre les bruits. Donc, rester un minimum attentif.

Mieux se concentrer, ça s’apprend:

La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons diriger notre attention. C’est le principe de la concentration.

Nous pouvons décider de n’entendre que les distractions réellement dangereuses.

Et ne plus entendre les avions au loin dans le ciel, le voisin qui rit ou qui mange sa barre de céréale.

En réalité, on les entend toujours, mais comme on a décidé qu’ils n’étaient pas importants, on les laisse en arrière-plan sans les faire remonter au niveau conscient.

Résultat : c’est comme si on ne les entendait plus.

Vous avez entendu parler de la bulle, la zone, le flow, cet état élevé de concentration tel qu’on ne perçoit plus rien de son environnement…

Dans cet état, si vous l’avez déjà expérimenté, vous ressentez comme une absence de distractions comme des pensées parasites.

D’ailleurs vous semblez ne penser à rien. Le temps n’existe plus non plus.

Les pros du PGA Tour évoquent cet état en interview : Cette faculté de jouer au moment présent, un coup après l’autre.

Sans revenir sur le coup joué auparavant (surtout les coups ratés histoire d’en rajouter une bonne couche) ou sans se projeter sur la suite de la partie. 

Ah ! combien de fois sommes-nous tombés tous seuls de notre nuage en réalisant d’un coup à quel point on jouait merveilleusement bien et qu’en continuant ainsi on rendrait jaloux même Tiger Woods ?

C’est à ce moment-là, en pleine déconcentration, qu’on lâche le coup de trop, le bogey qui fâche.

Et qu’on a l’impression d’avoir ruiné sa partie si l’on ne garde que les derniers trous en tête. 

J’ai connu ça : +1 au départ du 15 un jour, la prise de conscience « terminus, tout le monde descend ! » puis les derniers trous avec deux doubles, et deux bogeys. Quel dommage !

La concentration, c’est l’attention sur un point unique et précis, lié à une intention.

C’est aller chercher ses ressources intérieures pour atteindre l’objectif qu’on s’est fixé et se limiter à cela. Penser exclusivement à cela. Continuellement jusqu’à ce que l’action soit finie.

Cette intensité de focus nous rend non seulement sourd aux distractions extérieures, mais également aux distractions intérieures : Pensées négatives, ruminements, peurs, sentiments et émotions qui peuvent nous faire perdre notre concentration et notre jeu.

Saviez-vous qu’entre 65 000 et 75 000 pensées nous traversent l’esprit chaque jour ?

Dont 5% environ conscientes. Ça en fait des occasions de perdre le fil !

Et pourtant, la recette magique de la concentration existe bel et bien : associer cet état de pensée unique à l’action !

C’est là que la routine prend toute sa valeur. Mais pas n’importe quelle routine…

La routine contre les distractions:

Il ne s’agit pas ici d’une routine technique.

La technique, on la travaille à l‘entrainement.

Je parle plus ici d’un process : une suite d’action avec un objectif final.

Certains incluent dans leur routine la phase d’avant swing, d’autres pas.

L’important est la discipline les premiers temps, pour en faire une habitude. Ce qui peut donne une routine aussi complète que celle-ci :

Prise d’informations (distance, lie, vent, dangers, forme du jour, tendance de swing du jour…).

Validation de sa cible (direction, zone ou point précis).

Validation de son point intermédiaire devant sa balle et de l’axe de prolongement derrière la balle.

Validation de l’angle de sa face de club.

Positionnement de son club près de la balle.

Positionnement de son corps devant la balle (distance de la balle, position de la balle près des pieds, prise d’équilibre et sensation du poids, de son alignement).

Prise d’élan par la montée du club (axe de montée et armement en partant des pieds, des hanches ou des épaules).

Descente du club avec rotation pour un swing qui traverse en direction de sa cible.

Position finale du swing en équilibre, vers sa cible, détendu.

Validation de son swing selon ses sensations et l’atteinte de l’objectif.

Préparation du coup suivant (prise d’informations…). 

Jason Day était fameux pour sa routine intégrant la visualisation.

Il s’imaginait swinguer la balle, voyait sa trajectoire et le point de chute dans sa tête.

Plus confiant car sachant quoi faire, le corps « n’avait plus qu’à reproduire » la vision.

Cette technique est utilisée par un grand nombre de champions, tous sports confondus, ainsi que dans un contexte plus général d’atteinte de ses objectifs.

Associée à une intention (rythme précis, fluidité précise, ou sensation de la rotation du buste par exemple en ce qui me concerne) et une motivation puissante, cette routine ne laisse pas le temps au cerveau d’être distrait par des bruits extérieurs ou des pensées négatives.

Depuis que je mets l’accent sur l’automatisation de ma routine, je suis plus confiant, performant et fluide: je sais que même en cas de perte de concentration, de mauvaise humeur, fatigue, je peux me raccrocher à une base solide pour limiter la casse dans mon jeu.

Le plaisir et les scores s’en ressentent beaucoup.

Quelques exercices pour améliorer sa concentration:

Au-delà de la routine d’action, des techniques favorisent la concentration.

Pour certaines simples et rapides maîtriser. Il suffit de les mettre en pratique avec régularité.

La respiration donne de très bons résultats pour retrouver un état de calme propice à la concentration.

Pratiquée dans toutes les disciplines pour déstresser, gérer ses émotions, maîtriser son corps, maîtriser l’énergie.

La respiration ici doit être lente, profonde, et consciente (intentionnelle et ressentie).

Inspirez trois fois par le nez, expirez par la bouche, en détendant le haut du crâne, le visage, les épaules. Vous pouvez d’ailleurs pratiquer cette respiration juste avant la visualisation, pour renforcer cette dernière.

L’ancrage permet aussi de se remettre dans sa routine et se reconcentrer.

Cette technique de la PNL (Programmation neuro linguistique) consiste à associer un état mental à un élément sensoriel déclencheur.

Un mot, un contact, une image, un mouvement, ou sentir quelque chose, lance le processus de reconcentration.

Comme un réflexe pavlovien. Plus on le met en pratique, plus l’ancrage fonctionne et nous reconnecte avec notre état de concentration optimal.

Il y a deux ans, j’avais mis en place un ancrage via une pression de mon pouce gauche pour me calmer avant le premier coup d’une partie.

Je devrais du reste le reprendre, car je m’en souviens encore avec plaisir et le simple fait d’en parler m’apaise. Je l’avais même associé à l’odeur d’un stick que j’utilise toujours. Les deux feront sûrement merveille !

Le style attentionnel, ce concept a été formulé par Robert Nideffer.

Le chercheur en psychologie, spécialiste de la préparation mentale et célèbre auteur décrit l’attention selon son étendue (large/étroite) et sa direction (interne/externe).

Concrètement, un golfeur avec une attention large/externe sera plus sensible aux joueurs autour de lui et au terrain.

Un golfeur à l’attention plus large/interne sera plus sensible aux tensions de son corps, à ses décisions et pensées.

Un golfeur à l’attention étroite/externe ressentira plus la balle, le club.

Tandis qu’avec l’attention étroite/interne ce sera plus une tension musculaire spécifique, une pulsation cardiaque, des émotions.

Intéressant à intégrer dans sa routine.

Ainsi, respectant des styles attentionnels propres, une visualisation peut se faire en se voyant swinguer d’une position d’observateur (large/externe) ou plutôt comme si on était devant la balle pour ressentir le swing (large/interne).

De même, l’un pourra se fixer comme objectif de sentir la connexion musculaire de ses épaules avec le buste (étroit/interne), et l’autre le rythme fluide et progressif (large/interne).

Se connaître offre l’avantage indéniable de pouvoir utiliser ses forces, anticiper les risques et les dangers potentiels.

En cas de baisse de concentration, de mauvaise gestion des émotions, de fluctuation d’énergie… ou de partenaire de jeu toxique.

La sophrologie, la PNL, la méditation et d’autres disciplines des sciences humaines et du développement personnel offrent de nombreux autres outils d’analyse de son propre état psychologique, émotionnel, comportemental, et des techniques pour progresser.

Une première lecture pour ceux qui voudraient aller plus loin: La PNL pour les nuls (Romilla Ready, Kate Burton), Le pouvoir du temps présent (Eckhart Tolle).

La dopamine : l’hormone de la concentration:

L’essor des neurosciences a permis enfin de documenter d’une nouvelle manière les études scientifiques attestant des liens entre cerveau, corps humain et comportements.

Nous savons qu’avec un taux élevé d’hormone dopamine, notre capacité de nous motiver et nous concentrer est supérieur.

Et des actions simples d’hygiène de vie augmentent notre production naturelle de dopamine :

Nutrition : Manger des aliments riches en tyrosine (acide aminé activateur de la dopamine) comme des bananes, amandes, avocats, betteraves, œuf, lait, poisson, poulet, thé vert, épices (curcuma, origan)…

Éviter les aliments gras saturés, les sucres !

Exercice physique régulier sans chocs articulaires : Marche, escaliers, yoga, tai chi…

Méditation ou activités qui exercent la concentration : Photographie, dessin…

Lumière naturelle.

Activités / pratiques de plaisir : Musique, contact physique (massage, caresses même avec un animal, câlins, embrassades, faire l’amour)

Sommeil

Douche froide (14° C). 

Focus sur une pensée précise et un objectif, routine d’action, exercices et techniques, bonnes pratiques au quotidien : vous voici armés pour devenir des maîtres de la concentration. Bon flow !

Crédit photo : Icon Sportswire

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