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Changer son swing ? Un challenge mental et temporel !

Changer son swing ? Un challenge mental et temporel !

Pour tout golfeur, il y a toujours un moment où on se retrouve dans une situation qui implique un choix concernant ce que l’on a appris à faire, et ce que l’on doit apprendre, pour s’améliorer. En matière d’enseignement, ce choix ou ce moment s’apparente à un nouveau palier entre confort et inconfort. Toute la question est de savoir si vous voulez passer par cette phase, et êtes prêt à en accepter toutes les conséquences…

Sommaire

  1. Le dévouement à la progression au golf
  2. La zone d’inconfort
  3. L’exemple McIlroy

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Le dévouement à la progression au golf

Nous ne sommes pas égaux devant le swing de golf ! Certains sont plus doués que d’autres ! Certains arrivent plus vite que d’autres…

Arriver ? Qu’est-ce que cela veut dire au golf ? On pourrait commencer par définir la réussite au golf tout simplement par la voie du handicap.

Quand un golfeur arrive à descendre de 30 d’index à 10 en moins de trois ans, alors qu’un autre va mettre plus de dix ans à arriver à 15, on peut définir la notion de réussite au golf ou de capacité à dominer un certains nombres d’éléments pour bien jouer ou plutôt mieux jouer.

Le premier paramètre, c’est assurément le temps consacré à la pratique golfique.

J’ai un exemple précis en tête d’un golfeur que j’ai côtoyé une dizaine d’années en arrière qui avait débuté le golf sans avoir de prédispositions particulières.

Médecin urgentiste, approchant la cinquantaine, il avait joué au tennis avant de se mettre au golf.

Profitant de l’ouverture du Golf de Saint-Marc dans les Yvelines, il avait osé passé la porte pour se découvrir une véritable passion pour le golf.

Dès le premier jour, il s’était mis à prendre des cours, mais surtout à être présent tous les soirs, et tous les week-ends, à enchaîner practice et parcours, et en fait, surtout le parcours.

A la longue, il passait beaucoup de temps au golf. Sans doute, tout son temps libre y passait. Il jouait seul ou avec des partenaires, c’était selon les opportunités.

Très vite, son assiduité et sa détermination ont payé. Jouant toutes les compétitions de clubs, il était passé de 54 à 30 en quelques mois.

Alors que l’on aurait pu imaginer que le plus dure allait commencer, et que sa progression allait s’essouffler.

Au contraire, il continua à descendre son index. Bien sûr, essentiellement en jouant toujours sur le même parcours, qui plus est, au début, le golf de Saint-Marc était un 9 trous, ce qui impliquait deux passages sur le même circuit pour accomplir 18 trous.

Mais ceci dit, rapidement, il s’est mit à jouer ailleurs, sur d’autres parcours voisins comme le golf de Saint-Aubin ou le Golf National, puis de plus en plus loin, et même à l’étranger avant de rencontrer sa nouvelle compagne.

A ce stade, pour certains, golf et concubinage ne font pas bons ménages. C’est d’ailleurs souvent l’occasion de lever le pied.

Dans sa fortune, notre ami médecin entre 40 et 50 ans, ne cherchait pas à fonder une nouvelle famille, et avoir des enfants.

Simplement, il voulait devenir un très bon joueur de golf, le meilleur possible, et dans sa chance, il a trouvé une compagne qui a partagé pleinement son souhait.

Ils se sont mis à jouer ensemble aussi intensément qu’il pouvait déjà jouer seul.

Sa progression n’a pas ralenti, et en moins de trois ans, il était dix d’index, et membre de l’équipe du club de Saint-Marc.

Ce n’était pas un sportif aguerri ou un « physique » d’athlète, simplement, un homme qui avait décidé, presque du jour au lendemain, de devenir le meilleur golfeur possible, et presque comme si c’était simple.

Et pour cela, il était prêt à jouer presque 365 jours par an, et dans n’importes quelles conditions.

Une chose est sûre. Il est devenu un meilleur golfeur parce que déjà mentalement, il ne s’était fixé aucune limite à sa progression.

De par son gabarit (1m72), il n’était pas le joueur le plus long du club. En revanche, il s’évertuait à tout faire avec rigueur et précision (comme un chirurgien…). Autrement dit, ce n’était pas spectaculaire, mais terriblement propre !

Le plus souvent en régulation, son score dépendait essentiellement du putting.

La zone d’inconfort

Après avoir exploré la question du dévouement extrême, et même de la dévotion complète au golf, pour progresser, le plus simple, consiste à identifier des imperfections, et à voir, comment les modeler, les isoler, les corriger pour obtenir une amélioration dans un délai raisonnable.

C’est tout le cœur de ce sujet : Faire ce qu’il faut pour vraiment progresser !

Et derrière cette question, se cache une autre : Etes-vous prêt à faire un ou des sacrifices dans cette optique ?

En général, c’est la question qui fâche.

Etes-vous prêt à jouer un score plus élevé pendant une période de temps dont vous ne connaissez pas à l’avance le terme, dans le but de passer un palier ?

Et ce, même si on vous prédit des scores plus bas après cette période de frustration plus ou moins intense ?

Le but du golf, c’est de prendre du plaisir.

Etes-vous prêt à sacrifier quelques après-midis, quelques parties, quelques semaines, quelques mois, à accumuler de la frustration dans le but d’enfin atteindre le rivage d’en face ? Ce rivage significatif de lendemains qui chantent.

Admettons que vous êtes 20 d’index et que vous voulez passer sous la barre des 10.

Jusqu’à présent, votre swing n’était tout simplement pas assez consistant pour vous permettre d’atteindre cet objectif.

Le pro du club a identifié pourquoi vous êtes encore trop inconsistant. C’est le moment où il va tenter de vous sortir de votre « zone de confort » pour rentrer dans une zone plus inconnue pour vous, moins bornée dans l’espace, et dans le temps.

Cela peut passer par une correction de la posture, du grip, du backswing, du downswing...En tout cas, ce sera quelque chose d'inhabituel, soit pour votre corps et votre mémoire sensitive, soit pour votre conception mentale d'un swing.

Allez-vous accepter cette phase ? Et comme pour un greffé, le greffon va-t-il prendre durablement ?

En réalité, vous connaissez la réponse.

Si, mentalement, vous n’êtes pas déterminé et certain que c’est le bon chemin, il y a des chances pour que cela ne marche pas.

C’est pourquoi les enseignants distinguent toujours deux types de golfeurs : ceux qui ne sont pas prédisposés naturellement, et ceux qui ne progressent pas parce qu’au fond d’eux, ils ne le veulent pas réellement.

En cette période de fin d’années, et à quelques jours des vœux de la nouvelle, peut-être aurez-vous la tentation de vous dire « Allez ! L’année prochaine, je baisse mon index ! »

Il faudra alors aller plus loin. Que serez-vous prêt à faire pour y parvenir ?

Admettons que la principale cause de votre inconsistance golfique soit un hook persistant et non désiré.

Vous trouvez un pro qui vous donne de bons conseils pour travailler votre chemin de club, votre grip, et tout ce qui peut être utile au fait de « redresser » durablement la trajectoire de la balle.

Il y aura un moment, un conseil, une instruction à suivre qui vous sortira de votre zone.

C’est ce moment précis qui vous testera. Serez-vous prêt à résister à la tentation de retourner à ce que vous savez faire (le confort) ou insisterez-vous dans une zone inconnue (l’inconfort) ?

Le métier de l’enseignant est de vous informer et de vous expliquer. Votre « job » consiste à absorber et à appliquer.

Dans cet objectif d’amélioration, le tandem pro-élève devra être indissociable. Le diagnostic et le remède dervont être les bons, et chacun fera confiance à l’autre, en particulier l’élève vis-à-vis du pro.

En revanche, quoi qu’en dira le pro, au moment crucial, quand ce sera difficile, seul l’élève aura la clé, la résistance nécessaire, la solution pour passer d’un côté à l’autre.

Dans son livre « The golfing machine », Homer Kelley parle du processus d’enseignement.

Il considère que l’apprentissage est un processus par étapes.

Impossible d’aller à Z sans passer par Y.

Le résultat complet ne peut s’apprécier que quand le dernier facteur du swing a été mis en place, compris, et dominé par l’élève.

Pour Kelley, chaque golfeur mérite de recevoir une instruction taillée pur lui, et surtout pour ses aptitudes.

Le golfeur qui ne peut pas s’entraîner régulièrement, ne doit pas être emmené sur un terrain qui demande l’application d’un champion professionnel.

En fait, le bon pro est celui qui construit un swing de golf qui demande le moins de temps, et d’efforts à celui qui n’en a pas !

Comme évoqué plus haut, le bon swing ou la bonne correction est celle qui rencontre le moins de résistance au changement de la part de l’élève.

En conclusion, si vous êtes confronté à cette difficulté, à ce palier qui dure, il y a deux questions à se poser :

Le temps dont vous disposez pour vous entraîner est-il adapté à la correction qui vous est demandée ?

Combien de temps êtes-vous prêt à investir pour passer la zone d’inconfort ?

Ces questions ne sont pas anecdotiques ! Même un pro comme Rory McIlroy s’est posé cette question à différents moments de sa carrière.

L’exemple McIlroy

Il le reconnait bien volontiers. Au niveau professionnel, le talent ne suffit pas. Il y a toujours besoin de passer un nouveau palier.

Il ne veut pas que l’on dise de lui qu’il travaille dure, car pour McIlroy, en soi, ce n’est pas réellement un effort désagréable. Pour le nord-irlandais, l’entraînement n’est pas quelque chose qu’il assimile à une tâche difficile ou rebutante.

Au contraire, il veut être prêt à tout faire pour transformer du potentiel, du talent, en quelque chose de plus concret.

A partir du moment où on accepte que même à son niveau, il y a toujours techniquement des choses à optimiser, lui comme n’importe quel golfeur amateur a besoin d’être 100% confortable avec le changement qu’il faut s’imposer.

Le changement doit être si bien digéré qu’il doit à la fin du processus paraître naturel.

Du point de vue de McIlroy, ce qui fait le plus défaut aux golfeurs amateurs, c’est que quand bien même, ils identifient un élément à corriger, et une zone d’inconfort dans laquelle ils se remettent en question pour tenter quelque chose de nouveau, ils ne restent tout simplement pas assez longtemps dans cette zone. Ils n’acceptent pas assez la difficulté pour la dépasser.

Il le reconnait ! C’est difficile de rester concentré sur un aspect du swing pendant un laps de temps très long. D’autant qu’il veut privilégier la qualité à la quantité dans son propre entraînement.

De manière usuelle, pour qu’il intègre une modification, il a besoin de beaucoup de répétitions. C’est pourquoi, il va passer en moyenne 45 minutes par jours à taper des balles au practice. Toutefois, ce temps peut monter à 2 heures quand il estime ne pas avoir atteint son objectif ou trouvé sa zone de confort avec un mouvement.

Ce n’est pas anodin, car un pro ne doit pas seulement s’entraîner à taper des balles au practice. Il doit aussi travailler son petit-jeu, son putting, le parcours…Pour lui, une journée type d’entraînement commence à 9 heures du matin pour se finir à 15 heures.

Comme quoi, pour un amateur, comme pour un pro, tout est question de temps…

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