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Force mentale: Le golf est-il un sport comme les autres?

Le golf, est un sport qui pourrait paraître un peu atypique pour les non-initiés. Sur cinq heures de jeu, un joueur ne tape des balles qu’environ quinze minutes. Les codes qui entourent ce sport (vestimentaire, de comportement, les règles du jeu) y sont assez stricts. Aucune partie ne se ressemble même si l’on joue tous les jours le même parcours, selon ses partenaires de jeu, les conditions météorologiques, le moment de la journée…Notre sport est soumis à beaucoup de critères extérieurs, qui font du golf un jeu où l’on ne sait jamais comment va se passer la partie, et où jamais rien n’est vraiment acquis. Alors, le golf est-il un sport comme les autres ? Pour répondre à cette question, nous avons interrogé Stéphane Mourgue, spécialiste en préparation mental, à l’académie de Manville.

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Les conseils de Stéphane Mourgue 

Stéphane Mourgue, ex-entraîneur national de la Fédération Française de Golf, au secteur des joueurs et joueuses professionnels pendant plus de dix ans, est aujourd’hui coach mental, notamment au domaine de Manville.

Egalement diplômé en sophrologie avec une spécialisation dans le sport, il a créé sa structure privée Golf en Tête. Il a aussi ouvert un centre d’entraînement de haut niveau en 2017 sur le site du golf de Manville.

Spécialiste de la préparation mentale, avec plus de vingt ans d’expérience à haut niveau, Stéphane Mourgue a eu l’occasion de réfléchir sur : Comment améliorer sa force mentale au golf ?

Cela peut dépendre, selon lui, de la vision du joueur sur le sport, sur ses performances, son partenaire, ses adversaires etc…

Portez-vous un regard bienveillant envers les difficultés du parcours ? Envers vous-même ?

Tout d’abord, il est nécessaire de définir ce que nous entendons par la notion de « sport » avant.

Pour Stéphane Mourgue, le sport est « la mise en œuvre de qualités physiques, telles que l’endurance, la résistance, la force, la coordination, l’adresse, la souplesse... Mais aussi des aptitudes mentales comme la concentration, la détermination, la stratégie, l’acceptation... Le sport est aussi une pratique ludique, une activité institutionnalisée, et ses règles sont identiques aux quatre coins de notre planète pour une pratique orientée vers la compétition. Enfin, sa pratique doit être fédérée sous la tutelle d’une fédération sportive. »

En ce sens-là, le golf est bien un sport à part entière, puisqu’il réunit toutes ces caractéristiques qui définissent le sport.

Il explique alors pour le golf : « Jouer sur un parcours, c’est jouer dans un cadre particulier (18 trous) et avec des règles précises (R & A) pour une durée déterminée (5 heures, au-delà l’arbitre arrive). Les scores sont établis sur 4 jours... Celui qui réalise le score le plus bas est désigné vainqueur.
 »

Considérer un sport en tant que tel, ou comme un jeu, dépend de la vision que l’on porte dessus.

Par exemple, la Russie et l’Espagne considèrent les échecs comme un sport, en raison de la forte dépense énergétique qu’une partie procure.

Un des arguments utilisés par les « détracteurs » -ou sceptiques- du golf comme étant un sport comme les autres, est que, au golf on affronte pas d’adversaire direct. Ce à quoi Stéphane Mourgue répond que bien des sports sont dans le même cas.

« Les skieurs sont seuls sur la piste de ski, les lanceurs de javelot sont seuls au milieu du stade, comme tous les lanceurs. Et les athlètes qui font du saut en longueur, du saut à la perche... Comment se déroule un concours de saut d’obstacle, une compétition de tir… »

Notre sport n’est donc pas une exception à ce niveau-là non plus.

La longueur des parties fait aussi parfois débat dans le golf. Comme expliqué un peu plus haut, sur une partie de cinq heures, le golfeur va ne toucher réellement une balle qu’environ quinze minutes au total.

Stéphane Mourgue nous explique alors que, là encore, beaucoup d’autres sports sont dans ce même cas, et que le golf n’est pas une particularité.

« Un concours de saut à la perche dure une journée, et Renaud Lavillenie ne doit pas avoir un temps de compétition important. Pour un match de football qui dure un peu plus de 90 minutes, combien de temps un joueur comme Christiano Ronaldo touche le ballon ? Et au rugby, un arrière comme Hugo Bonneval touche combien de ballons ? Nous voyons que ces sportifs ont la même problématique de concentration. Et les skieurs qui restent si peu de temps sur la piste. »

Le dernier point discuté dans le golf pour Stéphane Mourgue, est le problème des coups ratés, sur lesquels les joueurs focalisent tant.

Il ajoute à ce propos que le golf n’est pas fait uniquement de coups ratés, et que le voir comme tel est une vision bien pessimiste et réductrice du sport. Il argumente que les coups ratés existent dans tous les sports.

« Je ne pense pas que Roger Federer marque un point à chaque fois qu’il frappe la balle. Il fait un certain nombre de coups « ratés » avant de marquer un point. Je ne pense pas non plus que Jimmy Vicaut (notre recordman du 100m) batte son record à chaque course. Ces dernières sont-elles à chaque fois ratées ? Et un joueur de football qui tire et ne marque pas, doit-il être frustré à chaque fois ? Un tireur à la carabine qui ne touche pas le centre de la cible, doit-il arrêter sa compétition ? »

Le coach insiste sur le fait que le véritable but du golf, c’est de faire moins de coups que ses adversaires. Le reste, ne sont que des outils pour tenter d’y parvenir.

« Nous faisons trop d’amalgame entre ce que le joueur produit et le résultat. La compétition ne nous demande pas de réaliser le plus joli mouvement ou les meilleures statistiques. Le swing de golf n’est qu’un outil, il sert à produire des trajectoires. A chacun de trouver sa propre technique. »

Dans un précédent article, nous avons vu que le golf éducatif ne considérait surtout pas le golf comme un sport, mais comme un jeu.

Considérer le golf comme un sport est la source même des difficultés rencontrées dans cette activité, selon les principes du golf éducatif.

Stéphane Bachoz, co-fondateur de Flowmotion Golf Center, m’a dit lors d’un précèdent entretien à ce propos : « Il ne faut surtout pas considéré le golf comme un sport. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on y joue mal, car on le considère comme tel ». 

Par conséquent, même à l’intérieur de ce sport, deux « écoles » qui pratiquent donc la même activité, ont deux manières différentes de qualifier le golf, et donc de le pratiquer.

On peut donc en conclure que le golf coche toutes les caractéristiques requises par la définition du mot « sport », pour être un sport comme les autres.

Cependant, lorsque certains performeront plus dans le golf en le considérant comme un sport à part entière, d’autres, y joueront mieux en le considérant comme un jeu.

Est-ce parce que le considérer comme un jeu enlève un peu de pression sur les épaules du golfeur au swing parfois imparfait ?

Est-ce pour ne pas jeter son club à chaque mauvais coup ?

En tout cas, que vous soyez partisan d’une école ou de l’autre, l’important reste le plaisir du jeu !

Crédit photo : Billy Horschel Sony Open par Darryl Oumi/Icon Sportswire

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