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Expérience d’un fitting avec Alexandre d’Incau

Expérience d’un fitting avec Alexandre d’Incau

Dans le cadre du tournage de l’émission WorkShop pour JeudeGolf.tv, je me suis rendu dans le Sud-Ouest, et plus précisément sur le Golf de Seignosse pour rencontrer Alexandre d’Incau, clubfitter et clubmaker qui travaille régulièrement avec quelques-uns des meilleurs golfeurs professionnels français engagés sur les différents circuits. A cette occasion, Alexandre a proposé de faire l’examen de mon sac de clubs, pour identifier quels pourraient être les meilleurs choix possibles.

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A propos de WorkShop

Pour JeudeGolf.tv, nous avons eu l’idée de créer un tout nouveau programme original consacré au clubfitting et au clubmaking, avec l’objectif de vulgariser les différentes techniques et outils utilisés pour parfaitement ajuster un sac de golf, et donc les 14 clubs qui le composent.

Alexandre d’Incau, consultant pour JeudeGolf.org depuis les débuts était naturellement tout indiqué.

Swingweight, lie, loft, longueur des manches, équilibrage des clubs… Alexandre animera avec son expertise et sa passion, ce nouveau programme pour les amateurs de matériel de golf.

Pour démarrer, nous avons tourné une dizaine de nouveaux épisodes sur dix thèmes différents.

S’agissant spécifiquement du swingweight, Alexandre vous expliquera par exemple que cette mesure permet de déterminer l’équilibrage statique du club.

Dans le cadre de mon fitting, le professionnel recherchera notamment un swingweight constant (le même équilibrage statique d’un club à un autre) pour voir si la série a été montée initialement de manière correcte.

Au cours du tournage, Alexandre m’a donc proposé le fitting complet de mon sac. Cela fera l’objet d’un épisode spécial à retrouver dès janvier 2019 en exclusivité sur JeudeGolf.tv

Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai été au-devant d’un certain nombre de surprises, en ma qualité de journaliste sur le matériel de golf…

Mon expérience d’un clubfitting

9h00 du matin, vendredi 7 septembre, j’arrive sur la partie basse du practice du Golf de Seignosse.

Alexandre y a ses habitudes de travail avec ses clients. Il peut installer tout son matériel, et notamment plusieurs sacs composés d’une centaine de manches différents, aussi bien pour des fers que pour des bois.

La boite à outils du clubfitter regorge justement de différents ustensiles pour rendre un fitting efficient, comme par exemple, des poids en plomb aimantés pour fixer sur des têtes de fers, et ainsi les alourdir.

Sur place, il peut aussi bien intervenir sur les têtes comme sur les manches.

Muni de son radar Trackman, et d’un appareil pour mesurer le tempo, il dispose en parallèle de tous les appareils pour comprendre et analyser votre swing, en même temps que votre utilisation de votre matériel.

En qualité de clubfitter/clubmaker, il ne va pas intervenir sur le comment vous swinguez, mais plutôt sur le comment vous utilisez votre club, et comment l’optimiser ou l’adapter justement à votre swing.

Installé sur une table derrière vous, avec son ordinateur portable, et donc tous ses appareils, il est prêt pour vous recevoir, et vous voir taper des balles de practices haut de gamme en condition réelle.

Le cadre de la forêt de Seignosse pour seul témoin…

Venant avec mon sac composé au fil des années par ma bonne vieille série de fers Srixon Z545 achetés en 2014, après un fitting auprès d’un représentant de la marque, et dans un magasin de golf à Lyon, de bois TaylorMade M3 (driver, bois 3 et hybride) laissés à disposition par la marque après un test, avec notamment un manche TPT Golf pour le driver, et de wedges Cleveland RTX4.

Le putter fera l’objet d’un autre sujet exclusif.

Pour démarrer, Alexandre m’a invité à taper mon fer 7, et mon fer 6 pour qu’il puisse enregistrer des swings de références.

Premier constat, l’angle de décollage des balles tapées avec le fer 6 a paru trop bas, et pas cohérent avec celui du fer 7.

Je dois préciser que le fitting s’opère en réalité en deux grandes phases distinctes.

Une première phase de découverte où le joueur tape des balles avec ses clubs. Le clubfitter récupère essentiellement des informations du joueur, des sensations, des trajectoires.

La deuxième phase s’opère dans l’atelier d’Alexandre situé à quelques kilomètres du Golf de Seignosse.

Dans ce contexte, les clubs passent au banc d’essai ou plutôt Alexandre les mesure dans tous les sens, enregistre les fréquences des manches, contrôle la taille des grips….

Il va jusqu’à vérifier les lofts des clubs pourtant décrit par les marques.

Pour la partie practice, l’expérience a vraiment démarré avec des propositions de têtes et de manches différents, à la recherche d’un meilleur équilibre pour le club.

« Chaque joueur a ses préférences. Avec un club identique, l’équilibrage peut être prépondérant dans le contact, et finalement cela joue sur la distance en même temps que la régularité.

Sans toujours me dire les choix qu’il avait opéré, non pas pour me tromper mais au contraire pour me faire m’exprimer, je devais mettre des mots sur mes trajectoires de balles.

Et clairement, d’un poids à un autre sur la tête ou d’un manche à un autre, il y avait des différences notables, à la fois dans le vol de balle, et le ressenti pendant le déplacement du club dans l’espace jusqu’à l’impact.

J’imagine que chaque joueur présente un swing différent et très personnel.

Plus obsédé par le fait de diriger mes coups que par la puissance, quand je suis arrivé face au clubfitter, mon swing du moment présentait une pause pendant la montée, et précisément entre le take-away et le backswing.

Le japonais Matsuyama m’a sans doute inspiré.

Il réalise une pause au sommet du backswing, au moment de la transition entre la montée et la relance, sans doute pour permettre au bas du corps de déclencher la rotation nettement avant le haut du corps.

J’avoue que j’ai testé avec une certaine satisfaction cette méthode, mais à ce moment-là, inquiet d’un chemin de club pas assez en ligne avec la cible, j’avais déplacé la pause plus tôt dans le swing.

Cet élément a contribué à fausser les mesures du clubfitter, sans que je puisse l’imaginer initialement.

En effet, un swing, c’est aussi un tempo régulier.

Or, si vous changez ce tempo à chaque swing, à travers une pause, vous n’avez plus de régularité, et du coup, la recherche d’un club parfaitement équilibré, qu’un swing soit bon ou mauvais, mais un minimum répétitif.

Premier enseignement, si tout le monde peut se faire fitter, un fitting est plus efficient quand le swing est à un niveau de maturité, et pas en chantier.

Mon swing est en constant chantier.

Déformation professionnelle, je passe mon temps à tester toutes les techniques décrites sur le site, et à tester des clubs radicalement différents en permanence.

De ce point, je ne suis plus vraiment un golfeur comme tout le monde. Mon swing est en changement permanent, sans doute trop obsédé par la recherche illusoire de la perfection.

Quoi qu’il en soit, une option de tête et de manche s’est néanmoins dégagée, malgré les réserves du clubfitter sur cette question du rythme. Il a éliminé un certain nombre de shafts.

C’est à mettre au crédit d’Alexandre de ne pas avoir cherché à me vendre absolument une série, et d’avoir pris du recul, et plus de temps pour analyser la situation.

Peut-être cela peut paraître déceptif de ne pas avoir une réponse noir ou blanc, cela dit dans une autre situation, avec un représentant, on m’aurait peut-être vendu une série sans aller dans autant de détail, et en bien moins de temps (peut-être 30 minutes).

Cette première étape s’est donc essentiellement centrée autour des fers.

Deuxième étape : Le contrôle des clubs à l’atelier

De retour à l’atelier, j’ai découvert des choses édifiantes sur mes clubs.

Comme évoqué plus haut, pour avoir déjà écrit sur les lofts et les lies, et donc utilisé mes clubs comme cobayes, Alexandre a découvert un joli bazar avec mes lies et mes lofts.

A défaut de vraiment me conseiller une nouvelle série, j’ai obtenu un vrai bénéfice dans le réalignement des lies et des lofts avec les caractéristiques du fabricant, et ce, pour retrouver une cohérence du pitch au fer 3.

Initialement, pensant mon swing très flat deux ans en arrière, j’avais touché les lies pour les optimiser, et mieux frapper au centre de la face. Visiblement, j’avais été un peu barbare avec les ajustements, sans une bonne connaissance de la machine à lie.

Comme tout, un métier d’expert avec des outils d’experts ne s’improvise pas à la va-vite sur un coin de table.

Là où j’avais surtout été imprécis, c’était dans l’ajustement des lies d’un club à un autre. Ce n’est pas tant ce que j’ai fait pour un club donné, mais la cohérence de l’ensemble. C’est justement un domaine où le clubfitter passe un temps assez long.

Pour mesurer et contrôler toute la série, en suivant plusieurs procédures, il a passé au moins deux heures.

Pas de mauvaises surprises du côté des manches acier stiffs pour mes fers, tous correctement équilibrés initialement par le fabricant.

Comme expliqué plus haut, ma série de fers a donc été correctement montée à l’origine.

Visiblement, pour le fitter et parce qu’il le vérifie systématiquement, ce n’est pas toujours le cas.

Par exemple, une des tâches du fitter consiste à contrôler la longueur des manches, de même que la fréquence pour appréhender la rigidité globale du club.

La fréquence est mesurée en CPM, soit le nombre de cycles par minute. Vous pourrez le voir dans l’émission.

Ces mesures permettent vraiment à Alexandre de contrôler la cohérence globale du sac.

Autre élément qui n’a pas échappé au fitter, tous mes manches avaient été initialement rallongés. Le fitter recherche aussi une cohérence entre la longueur des manches, et le degré d’ouverture des lofts.

Pendant la première partie du fitting, au practice, Alexandre avait pris soin de me mettre dans les mains des têtes avec des lofts compris entre 30 et 31 degrés pour le fer 6. Tout le fitting se fait sur la base du fer 6 pour justement comparer les distances, et de potentiels gains.

Cependant, mon fer 7 était déjà à 31 degrés, et mon fer 6 à 26 degrés avec des manches rallongés.

Un degré d’écart de loft est censé correspondre à deux mètres en distance.

Plus haut, je vous annonçais que ma trajectoire de balle n’était pas assez haute avec le fer 6.

Pour l’expert, par rapport à ma vitesse de swing, le loft du fer 6 était en fait trop fermé, du coup, mes balles ne montaient pas assez, et finalement, une perte de distance par rapport à mon potentiel.

Gare aux fitting fait avec des fers 7 transformés en fer 6 pour vous vendre un gain de distance… surtout si vous n’avez pas la vitesse de swing suffisante dès que le loft descend vers 26, 25, 24 ou 23 degrés.

C’est plutôt dans le domaine des bois que je suis tombé deux fois de ma chaise.

Cela a été coupé au montage par l’équipe de production, mais on pouvait littéralement lire sur mon visage toute ma surprise quand Alexandre m’a annoncé que mon driver loft 10,5 degrés était en réalité à 12 degrés de loft.

Erreur de production ou choix délibéré de la marque par rapport à des golfeurs amateurs qui veulent copier les lofts des pros sans en avoir la vitesse suffisante ?

J’opterai bien pour le deuxième scénario…

Le fitting du driver a donc essentiellement consisté à ajuster le loft sur 9,5 degrés pour retrouver une trajectoire de balle plus tendue.

Autre grosse surprise, j’avais mis un manche regular sur le bois 3 au lieu d’un stiff, et sans doute par mégarde.

Alexandre a en réalité mesuré la rigidité d’un manche senior ! Sur un manche marqué comme regular, oui, la rigidité était comparable en vérité à celle d’un manche senior.

Là, il semblerait que l’on soit plus dans le cadre d’une erreur de fabrication ou ce qu’on appelle plus communément en production en grande série, la marge d’erreur.

Alexandre contrôle le profil d’un shaft, et notamment pour recueillir les caractéristiques de rigidités, non pas sur un seul point, mais en au moins trois points, le butt, le mid, et le tip du manche.

Conclusion du fitting

A retenir, la séance en atelier permet surtout de contrôler la cohérence des clubs dans le sac, pour justement détecter des anomalies invisibles à l’œil nu pour un simple golfeur.

Je ne suis pas reparti avec des nouveaux clubs mais avec des corrections sur mes clubs.

Pour Alexandre, en conclusion, un fitting est une suite d’analyses et de tests visant à déterminer le choix du matériel qui convient, pour ensuite réaliser un cahier des charges précis pour l’assemblage des clubs. Le clubmaking consiste à assurer le montage en conformité avec le cahier des charges.

Découvrez le film complet sur JeudeGolf.tv à partir de janvier 2019.

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