Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Comment adapter un putter pour soi ou par rapport au green

Comment adapter un putter pour soi ou par rapport au green

Un de nos fidèles lecteurs nous a demandé de préparer un article sur le putter, nous posant deux questions intéressantes : Quelle est la longueur idéale du manche en rapport avec la taille du joueur ? Et quelle recommandation de poids pour la tête, selon que le golfeur ou la golfeuse va jouer sur des greens lents ou rapides ? Pour développer ces deux sujets, nous avons sollicité notre consultant, Alexandre d’Incau, clubfitter à Seignosse, qui avait déjà eu l’occasion de publier un article sur le fitting du putter, considérant que c’était le premier club à adapter dans un sac.

Découvrez nos formules d'abonnements

La longueur idéale d’un putter

Pour commencer, nous avons eu envie de citer Scotty Cameron, un maître dans le domaine de la conception des putters : « La bonne longueur pour un putter est une longueur qui convient bien aux yeux quand la tête du club se déplace à l’intérieur de la ligne à la cible. »

Ce qui revient à dire que la bonne longueur d’un putter, et en particulier le shaft, est déjà quelque chose de cohérent par rapport à ce qu’il faut produire avec un putt consistant.

Bien que ce ne sera pas suffisant comme réponse, et que nous allons développer. Cette première définition écarte l’idée qu’un golfeur qui mesure 2 mètres utilise un putter raccourci ou qu’un golfeur qui mesure 1m50 emploie un très long putter sans au moins adapté sa posture.

Si votre putter est trop long, votre position à l’adresse sera trop « upright ». Vos yeux, en particulier votre regard sera porté beaucoup trop à l’intérieur de la ligne à la cible.

Inversement, si votre putter est trop court, votre position à l’adresse sera cambrée, et vos yeux risquent de se porter trop à l’extérieur de la ligne en rapport à la cible.

Une première indication pour vous aider : La longueur idéal d’un putter doit vous permettre de porter vos yeux entre 2,5 et 5 centimètres maximum à l’intérieur de la ligne, ce qui vous permettra d’exécuter un arc de swing propre, tout en maintenant une bonne posture, et un bon équilibre.

Toujours selon Scotty Cameron, si vous éprouvez des difficultés pour proprement stabiliser votre coup, obtenir un bon rythme, et en fait, être consistant, vous pouvez essayer d’utiliser un putter « dual balance » sans toutefois, toucher à la longueur de votre putter.

La longueur d’un putter (en particulier du shaft) n’est pas toujours ce qu’il faut rechercher en premier quand on veut parfaitement l’adapter à son jeu.

Pour Alexandre d’Incau, la question de notre internaute ne se résout pas avec une réponse toute simple ou qui tiendrait en une ligne.

Pour résumer sa pensée, la longueur d’un shaft de putter dépend en fait de trois paramètres à tous considérer ensemble : La taille du golfeur, sa posture naturelle au-dessus de la balle, la position de ses yeux par rapport à la balle.

Pour l’avoir vu à l’œuvre pendant un fitting de putter, Alexandre utilise plusieurs techniques et outils de mesures pour s’assurer du bon choix de putter.

Très curieux, il ne s’arrête généralement pas à la seule question du matériel. Dans le cadre de son métier, par exemple, il a été amené à s’intéresser à la question de l’œil directeur.

Selon votre façon de regarder, vous pouvez avoir besoin d’un shaft droit, ou d’un shaft légèrement tordu ou décalé près de la tête du club (bend).

A ce stade, Alexandre D’Incau ne peut pas simplement répondre : Pour un golfeur d’1m75, il faut un shaft 35 pouces !

La taille joue autant que la posture, et le tout doit être cohérent avec la position des yeux au-dessus de la balle.

Finalement, la position des yeux au-dessus de la balle est ce qui synthétise le mieux la bonne combinaison de tous les paramètres. C’est la finalité à rechercher.

Un golfeur d’1m80 qui se cambre énormément pourrait schématiquement jouer un putter d’un manche moins long qu’un golfeur d’1m70 qui se tient très droit !

La taille du putter n’est donc pas toujours la solution, et c’est pourquoi, Scotty Cameron parle aussi de putter Dual Balance.

A longueur de shaft équivalent, un golfeur pourra trouver un meilleur rythme et un meilleur centrage avec un putter dont la tête a été alourdie de 50 grammes.

Sur un putter Dual Balance, le grip est souvent dessiné pour que le joueur place les mains plus basses, et ce, principalement pour que le joueur ressente différemment le poids du shaft dans les mains.

Pour le designer spécialisé dans le putting, la combinaison d’une tête plus lourde, et d’un grip plus large peut contribuer à stabiliser un putt, en réduisant les actions parasitaires des mains.

L’américain conclue comme Alexandre d’Incau sur le fait que le choix d’un putter est surtout personnel. C’est pourquoi, il existe autant de modèles.

De notre point de vue, nous observons souvent qu’au moment de choisir un putter, trop souvent les amateurs testent des clubs sur un tapis, en cherchant des sensations, et une sorte de confiance subliminale (ce qui est un bon début), mais n’ont aucune conscience du processus réel idéal pour choisir LE putter le mieux adapté.

Le subliminal ou l’innée sont justement des paramètres qu’un bon conseiller pourra déterminer pour vous aider à choisir un putter. Alexandre peut par exemple vous faire tendre les bras devant vous, et vous demander de contrer une tentative de baffe (sans aller jusqu’au bout bien entendu). Selon votre œil directeur, vous ne contrerez pas son attaque de la même façon, ce qui l'aidera à déterminer si vous préférez une tête d'une forme plus ronde ou plus carrée.

Sans vous forcer à acheter un ZENIO ou un SAM Putt Lab, il serait bien avisé de faire appel à un conseil d’un vrai spécialiste.

Sans vouloir faire offense aux enseignants, ce n’est pas non plus un domaine de compétence chez eux, surtout quand on les entend dire à leurs élèves « Choisis le putter qui te plaît le plus. » (réellement entendu)

Le test du drop !

Petit exercice pour vous dépanner…

Installez-vous à l’adresse comme vous pourriez le faire normalement. Vos jambes ne doivent pas être pliées (les genoux seulement déverrouillés). Vos bras doivent descendre vers le grip avec vos coudes, eux-aussi déverrouillés (les bras ne sont pas totalement tendus). Vous devez vous sentir à l’aise avec votre posture. Adoptez enfin un stance normal au-dessus de la balle.

Prenez une deuxième balle de golf, et laissez-la tomber depuis votre nez. Si vous êtes bien placé au-dessus de la balle, celle qui tombe doit heurter celle qui se situe entre vos pieds.

Si ce n’est pas le cas, observez si elle tombe à l’intérieur ou à l’extérieur. Il y a sans doute quelque chose à corriger.

Si le putter est trop long, la balle va tomber entre la balle et vos pieds. Si le putter est trop court, la balle va tomber à l’extérieur de la ligne.

A ce stade, vous pouvez aussi modifier votre grip.

Descendez les mains si la balle tombe à l’extérieur de la ligne. Remontez vos mains si la balle tombe à l’intérieur de la ligne (près de vos pieds).

Finalement, petite astuce, prenez un ruban adhésif pour noter la position idéale de vos mains (et donc votre posture) ainsi que la longueur idéale de votre putter.

Cet exercice est sommaire, mais c’est déjà un bon moyen de régler tout seul un des paramètres liés au choix d’un putter.

Remarque : La position demi-pliée de Michelle Wie au-dessus de la balle au putting a beau être bizarre. Vous noterez qu’elle a néanmoins les yeux directement posés au-dessus de la balle !

Poids de la tête du putter selon si le green est rapide ou lent

A nouveau, pour cette question, Alexandre d’Incau n’a pas nécessairement la réponse que notre lecteur pourrait peut-être imaginer.

Le poids de la tête d’un putter influe directement sur le rythme du coup.

La meilleure façon de s’adapter à un green selon la vitesse est en fait de gérer l’amplitude du mouvement, et certainement pas, le poids de la tête.

Les pros sur le tour ne changent pas de putter chaque jour ou à chaque tournoi selon la vitesse des greens. La solution n’est pas au niveau du matériel, mais bien technique.

Dans ce registre, une autre idée répandue consistait à laisser croire que l’on peut gérer la vitesse des greens en centrant ou en décentrant la balle dans la face du putter.

En gros, sur un green trop rapide, décentrez la balle en tapant soit dans la pointe, soit dans le talon, et vous réduisez la vitesse de balle à l’impact.

C’est une idée ! Sauf que c’est contre-nature, et contre le principe de toujours putter avec beaucoup de régularité et de consistance. Disons que cela peut dépanner, mais ce n’est pas une technique à prescrire dans tous les cas.

Le fait de taper avec la pointe ou le talon induit une nouvelle variabilité : De combien faut-il décaler le centrage pour arriver au but recherché ? Franchement, c’est trop compliqué à déterminer pour être précis.

C’est la même idée consistant le poids d’une tête de putter. Si vous compensez la question de l’amplitude par le poids de la tête…combien de grammes dans un sens, et combien de grammes dans l’autre ?

Déterminer la bonne vitesse de déplacement pour la tête de putter avec une longueur de manche spécifique est quelque chose qui demande beaucoup d’expérience, et une bonne routine.

Ce sera différent à chaque putt, alors pourquoi compliquer en introduisant une variable supplémentaire, en utilisant un putter différent pour chaque vitesse de green différente ?

Certains vous diront alors pourquoi les marques proposent des putters avec des poids ajustables ?

Ce n’est pas une option imaginée pour gérer la vitesse des greens, mais en fait, une option proposée pour intégrer un début de fitting du putter. A savoir, vous aider à déterminer ou plutôt à choisir le poids qui correspondrait le mieux à votre tempo, mais pas à alterner.

Pour un putting plus consistant, il est préférable que votre tempo soit le plus régulier possible.

Désolé, mais pour cette question, la réponse est bien technique.

Le matériel doit seulement être adapté pour ne pas vous pénaliser, mais ce n’est pas en le modifiant à volonté que l’on règle les variables du green.

Un grand merci à notre fidèle abonné pour sa double question…

L’occasion pour nous de vous indiquer que nous pouvons aussi produire nos articles selon vos demandes, et pas seulement, selon notre planning éditorial.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.